Pour le directeur régional de l’Agriculture, Abderrahmane Naili, de Doukkala- Abda La disponibilité de l’eau, un atout fort pour le développement de l’agriculture dans la région

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Entretien réalisé par Azzedine Hnyen

Le « Plan Maroc Vert » vise la mise sur pied de 1.000 à 1.500 projets par an avec des investissements de l’ordre de 10 milliards de dirhams. C’est un programme pragmatique et ambitieux qui profitera à l’ensemble des acteurs du secteur agricole et permettra de générer un PIB additionnel allant de 70 à 100 milliards DH par an. Il repose sur des idées forces en envisageant l’agriculture comme principal moteur de croissance de l’économie nationale sur les 15 prochaines années. Ce plan, devant rompre avec la vision traditionnelle opposant agriculture moderne et agriculture à caractère social, se propose, également, de mettre en place une stratégie adaptée à l’ensemble des acteurs et leur agrégation.

La région de Doukkala- Abda couvre une superficie de 13 258 km² répartie entre les quatre provinces de la région qui sont Safi, El Jadida, Sidi Bennour et Youssoufia. Soit 1,86% de la superficie totale du Royaume. L’encadrement territorial de la région des Doukkala-Abda est assuré par une armature administrative se composant de dix communes urbaines et soixante-dix-sept (77) communes rurales regroupées au sein de neuf cercles. La région Doukkala-Abda, forte, donc, d’une superficie agricole utile (SAU), dont 96.000 ha irrigués en grande hydraulique et 18.000 ha irrigués par puits, contribue à hauteur de 10% au PIB agricole national et 22% au PIB régional.

Le déploiement du Plan Maroc Vert (PMV) dans la région Doukkala-Abda s’est décliné par la mise en œuvre du Plan agricole régional qui vise à développer un nombre important  de projets susceptibles de générer une enveloppe d’investissements évaluée à 10,5 milliards de dirhams pour la période 2009-2020.

Le directeur régional de l’Agriculture de Doukkala- Abda, Abderrahmane Naïli, estime que  la disponibilité de l’eau pour l’irrigation constitue un atout fort pour le développement de l’agriculture dans la région.

-Question : Quelles sont les ambitions du Plan Maroc Vert au niveau de la région Doukkala Abda ?

-Réponse : Le Plan Maroc Vert (PMV) constitue une opportunité pour améliorer la productivité et la qualité de la production de différentes filières agricoles au niveau de notre région. C’est aussi une autre opportunité pour les conditions de leur commercialisation afin de permettre aux agriculteurs d’en tirer profit. Sans oublier, enfin, de signaler le  renforcement de leurs  capacités professionnelles.

– Si vous nous faites découvrir, monsieur le directeur, les filières ciblées par le PMV.

– Pour la production végétale, les filières retenues sont les céréales d’automne, les légumineuses alimentaires, les semences sélectionnées, les cultures maraîchères, la betterave à sucre, les raisins de table, l’arboriculture fruitière (olivier, figuier, cactus, câprier, arganier) et le cumin. Pour la réalisation des objectifs de notre Plan Agricole Régional (PAR), qui est une déclinaison du PMV au niveau de notre région, 96 projets potentiels ont été identifiés et évalués dont 83 projets type pilier 1 et le reste type 2. Pour la production animale, les filières concernées portent sur le lait, les viandes rouges et l’apiculture.

– Quel est le coût de l’investissement à mobiliser ?

– Les projets potentiels retenus dans le cadre du PAR correspondent à des investissements dont le montant total est estimé à près de 10,5 milliards de DH durant la période 2009-2020. Le grande part de cette enveloppe, soit 69%, est dédiée au développement de système de production végétale alors que le reste sera consacré à la production animale.

– Un aperçu sur l’état d’avancement du PAR monsieur le directeur ?

– Pour le pilier I, 7 projets sont lancés au niveau de la région avec un investissement à terme dépassant les 3 milliards de DH au profit de plus de 69.000 agriculteurs. Parmi les projets lancés, je cite celui portant sur l’agrégation de la production laitière, touchant près de 29.000 agriculteurs, par la centrale laitière d’un investissement de 1,85 milliard de DH. Un autre projet d’agrégation avec Cosumar concernant la production de la betterave à sucre pour un coût d’investissement de près de 940 millions de DH.

– Et pour le pilier II ?

– Pour cette partie, 13 projets sont lancés pour un investissement global de plus 400 millions de DH et qui concerne une superficie de 67.000 ha au profit de 48.000 bénéficiaires. Pour l’année 2014, on prévoit de lancer 15 autres projets pour un investissement global de plus de 480 millions de DH portant sur une superficie de 23.300 ha.

– Et quel est l’impact espéré de la mise en œuvre de ce  PAR ?

– Par la mise en œuvre du PAR, on vise à augmenter la valeur de la production globale de 66% suite à l’amélioration attendue au niveau de la production. Pour la filière animale, la progression de la valeur de production sera importante. Soit 76% contre 59% pour la production végétale. Parmi les objectifs escomptés, je cite, également, le doublement de la valeur ajoutée créée par la production végétale et la multiplication par 2,6 de celle de  l’animale, sans oublier la contribution à la création  de 86.000 emplois stables en milieu rural. Soit 64% de plus par rapport à la situation actuelle. L’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation figure également au menu par une amélioration constante des niveaux de productivité des cultures irriguées et la conversion des systèmes d’irrigation pratiqués actuellement en système d’irrigation localisée.

– Comment se passe la campagne agricole cette année ?

– Tout d’abord, il faut signaler que plusieurs rencontres, sous forme de journées d’information, ont été organisées au profit des agriculteurs des différentes provinces de la région. Le démarrage de la campagne agricole 2014-2015 s’est déroulé dans des  conditions favorables grâce à l’amélioration des réserves du complexe hydrique d’Al Massira-Hansali. Les ressources en eau de ce dernier ont été estimées la veille de la campagne agricole à plus de 3 milliards de m3. Soit environ 90% de sa capacité. Cette réserve représente une augmentation de 15% par rapport à celle estimée au démarrage de la campagne agricole précédente 2012-2013. Actuellement le complexe représente une réserve de 2,9 milliards de m3 avec un taux de remplissage de 85 %. Il faut aussi signaler, également, l’accroissement de 4% de  la dotation allouée au périmètre irrigué des Doukkala-Abda pour atteindre  620 millions de m3.  Ces conditions favorables nous ont permis l’emblavement d’une superficie totale de 963.000 ha dont 10% située dans le secteur irrigué. Le grand lot revient aux céréales d’automne avec une superficie de 640.000 ha, suivies du mais (132.000 ha) et des fourrages (59.000 ha). La superficie emblavée en betterave à sucre représente 15.500 ha contre 12.113 ha réalisée la campagne précédente (2012-2013). Soit une augmentation de 28% avec 100% de la superficie semée en monogerme.  D’autres mesures et dispositions ont été prises  pour accompagner cette campagne agricole. Il s’agit, notamment, de la dotation de la région de 200.000 quintaux de semences sélectionnées avec la poursuite du soutien des prix assuré par l’Etat et l’application du système d’assurance agricole multirisque. Ceci sans perdre de vue les journées d’information qui ont été organisés au niveau de la Wilaya et des provinces de Sidi Bennour, d’El Jadida et de Youssoufia pour informer les agriculteurs et les partenaires sur les mesures et les dispositions prises pour assurer un bon lancement de la campagne agricole 2013-2014.

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