Pauvreté, enclavement et accès à l’école primaire en milieu rural …

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Par: Driss TAHI

Une pensée en ces temps pluvieux pour les écolières et les écoliers du monde rural et surtout celles et ceux des régions montagneuses de l’Atlas où la neige plonge durant plusieurs jours certains douars dans un isolement presque total et parfois mortel ; étant donné que toutes les voies de communication (routes et téléphone) demeurent coupées du reste du monde, et ce, pendant tout le temps des intempéries. Ce qui cause au bout de quelques jours une pénurie de bois, de chauffage, de bonbonnes de gaz …et autres provisions pouvant assurer la survie d’un douar de plusieurs dizaines d’habitants.

Dans les régions semi-enclavés, les chemins qui mènent à l’école, quand ils sont ouverts, sont jonchés d’obstacles. Un véritable parcours du combattant auquel sont confrontés les enfants démunis, tels des soldats sans armes, qui luttent pour échapper à l’ignorance dans un climat de marginalisation et de précarité.

Choses qui les poussent souvent au désespoir et par conséquent à l’abandon.

Mais ceux  qui persistent et restent, et malgré qu’ils soient convaincus que l’école représente leur unique bouée de sauvetage, et l’un des rares tremplins pour passer de l’autre coté de la barrière, et peut être même parvenir à rejoindre le collège en Ville, ne savent que trop bien le tribut à payer pour y parvenir.

Lorsque le réveil est à cinq heures du matin ,et le petit déjeuner n’est rien de plus qu’une tranche de pain et du thé , et une autre tranche encore ,et du thé en bouteille pour le déjeuner et le goûter ,ce qui est trop maigre pour essayer d’apaiser ou tromper un tant soit peu une faim lancinante et accentuée par le froid .

Le froid , la faim, et la fatigue à cause de la longue et pénible marche à pieds sur des kilomètres, par des chemins rocailleux ,parfois sous la pluie ou les chutes de neige .Pour arriver à une école sans eau et sans toilettes, ce qui incommode énormément les jeunes filles …Des classes aux fenêtres brisées au courant d’air incessant … autant d’inconvénients qui  représentent le lot quotidien en cette saison hivernale des écolières et écoliers de plusieurs douars enclavés perdus aux confins du Maroc profond .

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