Parfums de mon pays

violence

Par Mouna Achiri  (espacemre)

Le retour au pays est toujours un grand événement pour les immigrants. Longuement arrangé, caprice acquis à la sueur du front, le retour aux sources, qu’il soit fréquent ou rare, est souvent accompagné de mise au point sur l’évolution des choses ou leur stagnation au Maroc. Force est de constater que des aspects de la vie peuvent bien changer en un an ou deux, voire plus ou moins, autant en mieux qu’en pire. Prenons l’exemple d’un séjour actuel au pays. Le même paysage tristement aride vous assaille dès que vous quittez l’aéroport ou l’un des ports nationaux.  Il y a belle lurette que la nature verdoyante qui a fait notre réputation géographique supporte les longues années de sécheresse et de pluies insuffisantes.

Mais il y a une autre défectuosité cette fois-ci infligée à la nature qui consiste en la mauvaise gestion des déchets ménagers, à l’heure où un tollé met le Maroc sous les feux de la rampe à travers l’importation suspecte des déchets de l’Europe et la pauvre ministre de l’environnement sous une énorme mousse de savon…Et comme l’environnement grimpe les échelons des priorités nationales plus en théorie qu’en pratique, reconnaissons les efforts louables des citoyens à s’accommoder à la nouvelle loi ayant banni l’usage des sacs en plastique et opter pour des solutions moins polluantes, faisant par là fructifier un commerce traditionnel relégué aux oubliettes depuis des nombreuses années, celui des larges sacs en osier, la « gouffa » ou « qouffa », si pratique, si confortable, si résistante, si écologique et si marocaine.

Environnement et sécurité

Pour revenir aux déchets mal régentés, la presse nationale en fait ses choux gras et décrie l’exposition des citoyens aux dangers des déchets hospitaliers, entre autres, qui atterrissent dans des fosses autour desquelles des citoyens vivent et exploitent le sol avoisinant pour la récolte de légumes pour leur propre usage et même pour le commerce… A plus petite échelle, les bennes d’ordures ménagères qui desservent chaque quartier constituent elles aussi une gêne continue passée sous silence et une menace pour la santé des citoyens. Prenons l’exemple du quartier Attakaddoum à Rabat. De grosses bennes bleues juxtaposées exaltent leur puanteur pestilentielle à mille lieues à la ronde. Les exhalaisons épouvantables qui s’en dégagent ne dérangent plus les commerces attenants, devenus insensibles par la force des choses; seuls les nouveaux visiteurs s’en trouvent incommodés.

Un genre nouveau de pollution s’ajoute aux habituels, celui des actions de trouble public entrepris par des énergumènes qui défoulent leur frustration sur les autres. Des groupes armés et masqués qui se font les avocats du diable en s’attaquant aux estivants munis d’armes blanches et semant  frayeur et  blessures autour d’eux. L’exemple le plus récent s’est déroulé il y a quelques jours sur la plage « Sablettes » à Mohammédia. On se rappelle les manifestations aussi scabreuses mais beaucoup moins  violentes entreprises par des fanatiques sur les plages et qui dérangeaient intentionnellement les estivants en priant en groupe sur le sable.

La déception s’invite pour la énième fois dans les valises retournant, aussi dodues qu’elles sont venues, au pays d’accueil. Mais parmi les bagages l’espoir en des jours meilleurs continue de faire ses va-et-vient entre les deux territoires…

 

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