Nous, les Arabes…

Pourquoi nous, les Arabes sommes-nous si en retard économiquement, socialement, militairement et scientifiquement  par rapport aux Occidentaux ?

Manquons- nous d’intelligence ?

Manquons-nous de volonté ?

Manquons-nous de richesses ?

Ou bien manquons-nous de chance ?

On sait, au moins depuis la « Moqaddima » d’Abderrahman Ibn Khaldoun, que notre nature ou celle de nos responsables, encore plus exacerbée, ne s’accommode pas avec les exigences en discipline, en abnégation et en sacrifice pour l’intérêt commun qu’exige le progrès.

L’histoire nous apprend que la conquête du pouvoir, son exercice et sa conservation  sans partage sont les soucis principaux, vitaux  et permanents du chef arabe.

 Cet attachement à l’autorité  est quasi obsessionnel. Il va jusqu’à la dénaturation (conflits dans l’entourage des parents et des proches), jusqu’à la dégradation (vieillissement avancé, exil, bannissement) ou jusqu’à la mort (assassinats).

La répétition des drames associés à cette nature n’a jamais servi de leçon aux successeurs. C’est à croire que cette obsession est génétique. Des dynasties arabes et berbères, des empires  arabo-musulmans ont péri ainsi.

Généralement, toute conquête du pouvoir est immédiatement célébrée par la démolition du patrimoine conquis, tant et si bien que nous n’avons hérité que des ruines  et le souvenir de persécutions, de massacres de savants et d’incinérations de bibliothèques.

Quinze siècles après l’avènement de l’Islam, nous n’avons pas changé de nature. Nous n’avons encore tiré aucune leçon de nos tragédies. Voilà pourquoi nous traînons encore loin, très loin, de plus en plus  loin derrière les autres nations.

Nous ne le disons pas pour nous en réjouir. Nous le disons par respect pour la vérité.S’il nous était possible de donner un conseil à un réformateur, nous lui suggérerions d’ouvrir une école mixte pour y privilégier trois pôles,en enseigner les contenus  méthodiquement,  rigoureusement et y favoriser le respect et l’égalité des sexes, des confessions,des classes et des races  :

– Les langues et leurs cultures,  sans hésitation et sans complexe.

– L’histoire,  sans déformation et sans complaisance.

– Le rationalisme en puisant  dans  Averroès, Descartes et d’autres, bien sûr.

Ahmed BENHIMA ( El Jadida Scoop)

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