Ne nous demandez plus pourquoi nous aimons El Jadida

Nombreux sont ceux qui nous reprochent cet amour excessif pour notre ville El Jadida. D’autres veulent nous cataloguer dans les rayons des vieux nostalgiques, dépassés par le temps et qui n’ont d’autres plaisirs que de s’accrocher aux souvenirs du passé au détriment du « progrès » et la « modernité »… mais je n’ai qu’à les plaindre tous puisqu’il me font pitié tout autant qu’ils sont pour une raison très simple : ils n’ont pas eu ni l’honneur ni le privilège de goûter ni à l’odeur ni à la saveur de cet El Jadida qu’on regrette et dont ils ont fait une ville hybride mais qui garde malgré toutes les humiliations qui lui ont fait subir, ses traces de beauté, ses sens de l’honneur et ses hommes qui ne sont pas une « espèce en voie de disparition », mais qui ne font que plier momentanément l’échine en attendant que passe la bourrasque des idiots, des incultes, des lâches et des chasseurs de trésors qui me rappellent la ruée vers l’or dont nous gavaient autrefois certains « westerns » qui racontaient la conquête de l’Amérique.

En visitant ce matin le Parc Mohammed V qui résume à lui seul tout un pan de l’histoire contemporaine d’El Jadida, je n’ai pu me retenir de me recueillir sur chaque coin et recoin de cette ancienne merveille verte d’El Jadida. Je n’ai pu me retenir de contempler chaque bouquet de verdure, chaque espèce d’arbres si rares et si différents les uns des autres, chaque allée, qui semble conserver encore d’anciens traces de pas. Je suis resté longtemps absorbé par cette atmosphère apaisante en écoutant le bruissement des feuilles et le balancement des arbres qui semblent m’avoir reconnu et qui veulent bien me parler s’ils pourraient le faire.

Cependant, une petite remarque m’a fait chaud au cœur; le gazon semble bien entretenu, les allées propres, les arbustes soigneusement élagués…

Et sans me rendre compte que je me parlais à moi même et à vive voix, je me disais  » si la grande beauté s’efface un jour, elle ne manquera pas de laisser ses traces et signes qui donneront un nouveau charme ».

Et c’est ce nouveau charme que j’ai immortalisé en photos, rien que pour expliquer aux sans âmes que voilà un échantillon de ce qui reste de la beauté de cet El Jadida que nous ne cesserons jamais d’aimer, alors arrêtez de nous dire, « pourquoi vous aimez tant El Jadida… on l’a dans la peau, que cela vous plaise ou non ».

Chadid Ahmed

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