Mustapha Jmahri et Abdelkrim Bencherki
rendent hommage au lycée Ibn Khaldoun

Par Mbarek BIDAKI

Créé en 1925, lancien collège de Mazagan puis lycée Ibn Khaldoun dEl Jadida aura un siècle dans quelques mois. Nous nous réjouissons donc de constater que ce premier anniversaire a été commémoré civiquement par deux anciens élèves de cet établissement qui se sont mutuellement aidé pour le mener à bien. Le résultat est un livre de 160 pages, riche en faits, noms et photos intitulé : « Du Protectorat à l’indépendance. Mémoires du Lycée ibn Khaldoun dEl Jadida (1949-1969) ». Les personnes concernées sont l’auteur de l’ouvrage Mustapha Jmahri et Monsieur Abdelkrim Bencherki, président de L’association des Doukkala, qui en a permis l’édition en supportant les frais d’impression. Dailleurs, il nest plus besoin de montrer que M. Abdelkrim Bencherki a toujours été un militant associatif qui a encouragé d’excellentes initiatives.
On peut également dire, encore une fois, que c’est grâce à l’initiative privée et à la bonne volonté et l’entraide personnelle de ces deux passionnés que la tâche a été menée à bien. Ainsi alors une partie de la mémoire de la cité cosmopolite dEl Jadida et de l’enseignement public au Maroc a été sauvée de l’oubli et de la disparition pure et simple. Consigner les différents témoignages, les noms des anciens professeurs, pédagogues et élèves ainsi que les événements passés vécus dans cet établissement du Protectorat à l’indépendance était la meilleure façon de les inscrire dans la mémoire commune et l’Histoire nationale.
La préparation de cet ouvrage par son auteur a nécessité trois ans de travail suivant une logique claire tendant à tracer le cheminement historique de l’établissement depuis sa création jusqu’à la fin des années 1960. Louvrage comprend une introduction, un aperçu sur l’enseignement à El Jadida à la veille de l’Indépendance permettant, ainsi, den situer le contexte. Un dernier volet est consacré à une vingtaine de témoignages d’anciens élèves, hommes et femmes, Marocains et Européens, qui y ont fait leurs études en tant qu’externes ou internes. Enfin, une centaine de photos viennent mettre des visages sur les noms les extirpant ainsi de l’anonymat.
La sortie de ce livre coïncide aussi avec le trentième anniversaire des Cahiers dEl Jadida dont cet ouvrage porte le numéro 23. Pour rappel, dans cette série de publications lancée en 1993, Mustapha Jmahri a aussi traité d’autres aspects de la cité historique dEl Jadida tels : le port, les consulats étrangers, les agriculteurs-colons européens, la communauté juive, les Résistants au Protectorat et les témoignages des femmes de la ville.
Dans sa préface, le critique littéraire Mohammed Jibril (ancien de Lamalif) souligne que « Mustapha Jmahri nous fait découvrir une nouvelle facette de la fresque mémorielle qu’il entreprend depuis trente ans avec une passion et une persévérance sans faille. Cette vaste fresque dEl Jadida, brassant plusieurs époques, conjuguant mémoires et réalités documentaires et restituant la singularité des vécus personnels, a une résonance et une densité qui font encore écho avec le présent ».
Pour sa part, le romancier Fouad Laroui a écrit, dans sa postface, quon retrouve dans ce livre sur le Lycée Ibn Khaldoun dEl Jadida « la plume et le style attachant de Mustapha Jmahri dont on espère que sa ville reconnaîtra un jour ce quelle lui doit ».
Les vingt témoignages publiés proviennent d’anciens élèves marocains et étrangers (de la période 1952 à 1969) tels Mustapha Abou-Ibadallah (ancien journaliste au Matin): Abdelghani Chaalal (artiste-peintre), Aziz Binebine (auteur de Tazmamort), Jamal-Eddine Bouamrani (homme d’affaires), Moulim El Aroussi (universitaire et écrivain), Ibrahim El Hentati (médecin), Abdelmajid Kahia Tani (issu dune famille algérienne établie à El Jadida),  Andrée Métaireau (ancienne enseignante à Bir-Jdid), Jean-Louis Morel (poète mazaganais), Abdelhay Sadouk (interprète national) et Thérèse Wyss (Mazaganaise de nationalité suisse).
Autre gage de la qualité méthodologique de ce travail : le livre a bénéficié des conseils et travail de relecture effectué par d’anciens professeurs et écrivains dont : Claudette Abert (Ancienne professeure à El Jadida), Albert Bensoussan (Ecrivain et universitaire), Laurence Delord (Docteur ès lettres, descendante dune ancienne famille de Mazagan), Gérard Delozier (Ecrivain, ancien professeur à El Jadida) et Afaf Zaïd (Professeure de l’enseignement supérieur à Oujda).

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