Doukkala:Mhamed Jlaydi, une star de la chanson Chaâbi pointe à l’horizon

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Par : Azzedine Hnyen

Il est un arbre qui grandit vite. A peine dix ans, il se découvre être un fanatique du Chaâbi et surtout du « Lawtar ». Comme ses semblables de son âge, issus de milieux défavorisés, il se confectionna un instrument de musique de fortune. Un bidon de lubrifiant à la tête duquel il cloue un petit bâton et des cordes musicales. Et il commença à s’adonner, à cœur joie, à sa passion malgré les réticences de son papa.

Lors de sa première prestation avec un groupe musical local, il étonna. Les connaisseurs lui prédirent un bel avenir et le conseillèrent de persévérer. Il quitta son bled pour se côtoyer à des artistes professionnels. Il ne démérita. Depuis, il perça dans son bon chemin d’instrumentiste du « Lawtar ». Des ténors du Chaâbi marocain, dont un certain Abderrahmane El Meskini, sollicitèrent sa contribution dans leurs groupes. Il émerveilla. Ce jeune, la vingtaine d’années, fut très vite adopté. Car le Chaâbi Il, grâce à ses divers genres solidement établis au Maroc qui reflètent le lustre d’un passé prestigieux et les promesses d’un devenir plutôt resplendissant, recueille une vraie ferveur et un réel enthousiasme. Le style, auparavant injustement catalogué « musique de mariages et de réjouissances », a, aujourd’hui, une dimension nationale et ses représentants ont rang de stars. Avec ses mélodies captivantes, son propos direct, allant droit au cœur du « petit » peuple et ses rythmes fiévreux, avec conclusions en accéléré, le Chaâbi ne pouvait que rallier tous les suffrages, autant dans le royaume chérifien qu’en Europe, particulièrement en France, en Belgique et aux Pays- Bas.

Mhamed Jlaydi, compositeur, chanteur, violoniste et « wtayri » de classe est un homme heureux.

jlaydiLa carrière d’un chanteur- vedette du Chaâbi n’a pas tardé à se dessiner pour lui. Celui qui voulait devenir gendarme a renoncé à ce rêve après qu’il s’est découvert ce penchant musical. Les deux professions sont, en effet, incompatibles. Même son père qui s’y est opposé, fermement, n’a pas réussi à l’en dissuader. Convaincu, donc, de son désir de faire carrière dans la musique, il quitta précocement le collège. Ses idoles étaient les grands du Chaâbi, mondialement, connus. Dont Abdelaziz Stati qui lui est lié par des liens basés sur le respect et la considération. Mais la personne à qui il voue un respect inconsidérable reste, incontestablement, El Mahfoudi qu’il considère le grand maître de la chanson Chaâbi. Pour lui, il est « le rénovateur et l’innovateur ». Les tubes à grand succès sont ses créations. « Bari nansaha », « Hakmate aliya dorofe », « youme mayachbah youme » et tant d’autres ont fait le bonheur des chanteurs vedettes du Chaâbi comme Abdelaziz Stati, Abdellah Daoudi, Zina Daoudia, Oueld Lhawat, Almardi… Toutes ces stars marocaines demeurent pour lui un modèle. « Chacun de ces grands monuments  peut t’enseigner quelque chose », estime- t- il.

Heureux. Oui, il l’est. Ça se lit sur chaque trait de son visage, sur son sourire radieux et sincère, sur ses yeux pétillants, sur sa façon de parler du soleil qui brille dehors en musique3-169x300préambule de notre rencontre. Non seulement il s’est fait un nom en tant que « magicien » des fêtes, des boîtes, un peu à la manière de tous les chanteurs de son genre, dont il se dit être l’élève et même si, humblement, il ne l’avouera jamais qu’il sera à leur niveau, mais désormais, il a percé dans le domaine en publiant son propre album. Son œuvre à lui. « Ya lâli », une œuvre de six chansons distinctes et distinguées.  Une performance pour un débutant ne s’étant lancé dans le domaine qu’en 2006. Certes, il dispose de ses vidéos. Plus d’une vingtaine. Mais, il s’était acharné à créer son propre patrimoine, son style. Même les paroles ont été mûrement choisies. Des paroles qui reflètent la vie vécue. « Ya lâli », « âtini namrate téléphone », « nsa ya galbi nsa », « chhale wana sabare », « hdaytouna » « wallite nkhafe ». Toutes des chansons qui relatent la vie réelle. En effet, chaque chanson évoque, en fait, une histoire puisée dans notre vie quotidienne. L’artiste agit quelque part en sociologue. Voire en psychiatre. Une musique avec des mélodies harmonieuses puisées dans les fins fonds du patrimoine marocain Ses rythmes font vibrer les foules, donnent du plaisir à ses très nombreux fans et rappellent les us et les coutumes de sa région. En témoigne la frénésie des spectateurs qui la suivent et qui apprécient, à chaque fois, sa maîtrise à la perfection du « Lawtar», pièce maîtresse dans la musique du Chaâbi. Il est reconnu comme l’un des spécialistes du Lawtar, un instrument de musique apparenté à l’oud mais plus rustique. La composition est, elle aussi, inédite. De son instrument de ses amours, l’auditeur ne sera qu’emporté. Le « Rouicha des Doukkala » comme se plaisent à le targuer ses fans pour sa maîtrise parfaite de cet instrument traditionnel.

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Avec d’autres artistes du chaâbi (dont Stati, T-shirt rayé)

Il est, pour le moment, l’un des spécialistes du Lawtar, un instrument de musique apparenté à l’oud mais plus rustique.

« Ya Lâli », cet album est le reflet de son état d’âme, de son être. Le chanteur prend une bouffée d’air frais à tous les niveaux. Sa musique change de cap. Sa vie prend un nouvel envol.

Mhamed Jlaydi, en raison de son grand amour pour son art et par son don musical, est appelé à un succès retentissant dans la musique du Chaâbi. C’est une star qui pointe à l’horizon. Il ne fera qu’enrichir le répertoire musical marocain. C’est un nom qui arrive. Ne l’oubliez pas.

 

 

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