Festival Jawhara

De prime abord, cela peut prêter à l’étonnement. Mais si l’on y songe, ne serait-ce qu’un instant, l’on constatera, de suite, que ce que le Covid-19 a eu de plus positif sur notre économie, n’est autre que l’annulation de tous ces festivals et ces manifestations organisés un peu partout dans le royaume et très souvent contre l’avis du peuple.
Des festivals qui engloutissent  des milliards de dirhams, à l’instar de Mawazine et autres.
Même à El-Jadida, pas moins de trois  Festivals sont organisés chaque année : Jawhara, Malhounyat, Andaloussyat, Musique Philharmonique…
Non que nous soyons contre la culture, la vraie culture, celle que l’on ne peut dissocier  de l’économique et du développement tout court.
 Bien sûr que la pire des pauvretés, ne peut être   qu’intellectuelle, et que par extension,  tracer une politique à l’intention d’une ville, c’est toujours commencer par la partie la moins matérielle : la Culture…Pourquoi ? Parce que c’est à partir de ce postulat, que  les habitants d’une ville ou d’une nation, donneront de l’importance au reste.
Malheureusement, l’image qui nous est renvoyée par nos  élus et autres composantes de la chose publique,  ne dépasse guerre  l’organisation.
Ils oublient que la Culture c’est aussi,  bâtir des conservatoires de musique, des centres culturels, des salles couvertes, des terrains de proximité, des théâtres, des maisons de jeunes, des cinémas, des bibliothèques….
Ils oublient qu’investir dans la culture,  c’est  aussi savoir asseoir une plate forme solide et  des objectifs clairs.

Que  peuvent valoir en fait, ces festivals de musique, dans une ville sans le moindre conservatoire public de musique ?
Que peuvent valoir ces festivals de cinéma, dans des villes dépourvues de la moindre salle de projection ?
 De quelle culture parle-t-on et quelle culture avons-nous à faire valoir, lorsque la ville organisatrice d’un festival  (culturel dit-on) et accueillant  des dizaines de milliers de visiteurs, ne possède  même pas… des  toilettes publiques ?
Pourquoi continuer à dépenser tous ces millions et  ces milliards de dirhams, tout en se contentant de jouer aux Traiteurs  et à  se faire plaisir  par le biais de telles festivités, dites, festivals culturels ?
Le Covid-19 a eu le mérite de nous démontrer qu’en guise de toutes ces festivités inutiles, creuses, qui ne servent que les desseins de certains pseudo-politiciens, nous devons d’abord investir dans « l’Humain ». Il n’y a pas de salut que de ce côté-là. Et sans  investissement dans l’Humain, aucune politique ne peut aboutir.
Sous d’autres cieux, il y a belle lurette que certains  pays  ont compris que les zones industrielles équipées, et même avec usines délivrées, clé en main, les technologies de pointe, les machines les plus perfectionnées, les hôtels les plus luxueux ne peuvent suffire à assurer le décollage ou la relance économique souhaités, sans la participation effective de l’Homme. Un Homme productif, conscient de sa valeur et de son rôle majeur de citoyen déterminant dans l’élaboration de la richesse et de la stabilité de la nation. Un Homme situé au centre de toutes les politiques et qui doit être l’objectif ultime de toutes les démarches officielles qui feront aboutir à son instruction et à l’aider pour de se reconstruire et trouver enfin sa voie.
Elus, autorités, ONG…doivent tous se focaliser sur l’Humain pour qu’il retrouve son humanité et sa dignité.
En effet,  pour que l’Humain réussisse, il doit être pris en main pour se faire une place dans la société.
Malheureusement, cet Homme qui doit être le centre des préoccupations et leur première richesse, continue à être négligé,  marginalisé, méprisé, sous-alimenté et sous-payé.
Que peut-on attendre d’un être piétiné, sous-estimé, asocial et se sentant mal dans sa peau ?
Négligez un élément de l’équation et c’est tout l’édifice, toute la politique, tous les efforts accomplis qui se rétrécissent progressivement,  jusqu’à l’anéantissement et l’échec total. Or c’est malheureusement le phénomène auquel on assiste impuissants, depuis des décennies et à ce jour.
Pour être convaincu de l’échec de cette politique, l’illustration en est faite  par ces armées de mendiants, de clochards, d’alcooliques, de drogués, d’enfants abandonnés et de « Mcharmlines » qui sillonnent nos rues et boulevards.
Et c’est parce qu’on passe à côté de la vraie culture que nos jeunes nous renvoient aujourd’hui cette image négative. Des jeunes dans la force de l’âge et qui ne pensent qu’à l’émigration, par n’importe quel moyen, au péril de leur vie. Idem pour ceux qui constituent la matière grise, le fleuron et la fierté de nos écoles supérieures et qui, pour un salut (chimérique ?) sous d’autres cieux, désertent le pays.
Merci au Covid-19 de nous avoir permis de dresser ce tableau, presque noir certes, mais qui nous donne cet espoir de voir nos politiciens revoir leurs cartes et adopter une autre mentalité et une autre approche du   socioculturel, loin de toute démagogie et de toute philanthropie hypocrite et dangereuse

El Jadida Scoop

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