Les théâtres d’El-Jadida et celui de Sidi Bouzid, sont ils damnés ?

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Theâtre de Sidi Bouzid

ELJADIDASCOOP

Par le passé, le théâtre d’El-Jadida, censé recevoir, troupes de théâtre, musique,  danse…abritait à la place, meetings, campagnes électorales, réunions de divers organismes, syndicats, partis politiques… à qui il suffisait, pour jouir de ce « droit », de s’acquitter d’une modique somme de 1.000 DH, et encore… envers une municipalité, responsable des lieux.

Résultat ? Des dégradations fréquentes, nécessitant à chaque fois la fermeture temporaire de ce monument, le temps parait-il, de réunir (une fois de plus) le budget adéquat aux travaux nécessaires, puis réouverture … dégradations… travaux …

Les entrepreneurs qui effectuaient ce « boulot » ignoraient tout du théâtre, de son architecture et ils ont fini par causer plus de dégâts qu’ils n’en ont réparés.

– Destruction du couloir de l’entrée qui servait d’isolant thermique et phonique entre la salle et l’extérieur.

– Destruction du muret situé à l’entrée de la salle, même rôle prépondérant que le couloir.

– Détérioration des murs, pour une soi-disant meilleure décoration, alors qu’ils étaient revêtus d’une toile acoustique et que leur construction obéissait à un positionnement des briques, à un matériel et à un processus stricts.

– même triste sort, pour le revêtement acoustique du sol qui provenait d’Italie; une sorte de carrelage si fin qu’on dirait du plastique et qui a été remplacé par une vulgaire mosaïque.

– Non respect pour le choix des sièges qui devaient obéir aux mêmes critères, afin de réguler toute source de bruit.

– Très mauvaise sonorisation scénique due à l’achat de matériel inadapté et peu onéreux, pour ne pas dire bas de gamme.

– Au niveau de l’éclairage, une installation inadaptée, versant vers l’esthétique, que le pragmatique et donnant au final à ce bijou, l’aspect d’un vulgaire salon de thé, oubliant au passage, que ce lieu, a besoin d’un éclairage d’ambiance et d’ un autre scénique.

Ce théâtre rénové à coups de millions de centimes, par l’argent du contribuable, comporte des loges d’artistes, manquant du moindre équipement sanitaire et élémentaire :

Pas d’eau potable, de système d’évacuation d’eau usée, de lavabos, de douches, de tables de maquillage, de miroirs, de porte-manteaux, d’appliques, de …!

 

– Une seule douche et un seul lavabo pour hommes et pareil pour les femmes, font office (au fond de la scène) de tout confort.

– Comment vont faire les artistes pour se maquiller et encore moins pour se démaquiller ?

— Comment, où et dans quel confort, vont-ils parvenir à se concentrer avant leurs rentrées sur scène pour affronter leur public ?

– Comment faire lors de certains spectacles, nécessitant la mobilisation de dizaines d’artistes ?

– Nous avons également remarqué l’inexistence des perches pour le maintien des theatre125draperies, du fond, des demi-fonds, des frises, des pendrillons et surtout des projecteurs. Cela permet des techniques d’éclairages d’en haut (douches), des latéraux des deux côtés (côté cours- côté jardin) et des côtés extérieurs de la scène… Sans oublier les poursuites qui pourraient être automatiques et programmables (selon un schéma préétabli), ou manuels pour corriger les sorties inopinés du comédien des feux d’éclairage (brûlé).

Précisons que des éclairages étaient jadis « implantés » au devant de la scène (la rampe), pour des focalisations de bas en haut, mais de nouvelles techniques ont remplacé cette façon de faire, pourvu que ceux qui, les ayant supprimés, en soient conscients.

Nous remarquons donc que les perches et les cintres ont pour finalité le maintien des draperies, des frises et des pendrillons et une meilleure maîtrise de l’éclairage. « Douche », « Perroquets », « contre-jours», «contre-plongées», «Herses», «Rasants (Projecteurs placé au sol), « Poursuites (automatiques et manuelles, de différents angles », sont là pour donner l’effet recherché, tout en évitant d’éventuels écarts des artistes aux champs préétablis.

Sans ces atouts, un théâtre reste archaïque, car offrant peu de possibilités et d’alternatives aux techniciens, pendant le spectacle. Mais bien maîtrisés, ils intègrent chaque spectacle et le mettent en valeur.

theatre3Pis encore, les éclairages placés au sol, pour baliser le passage et qui restent allumés tout au long du spectacle, auraient dus être remplacés par de simples reflets, moins lumineux, plus discrets et donc mieux adaptés à l’effet recherché. De plus, ils devraient être placés au bout de chaque rangée, sans empiéter sur le passage…

 

Quant aux rails(Costières), qui existaient sur la scène et qui servaient aux multiples déplacements des décors lourds sur la scène, on a beau cherché, on n’arrive toujours pas à comprendre le pourquoi de leur élimination.

 

Ces lacunes prouvent, si besoin est, que « le marché » ne semble pas avoir été cédé à de véritables professionnels.

Celui de Sidi Bouzid a connu son âge d’or dans les années 70 et début des années 80. Depuis et par méconnaissance et incompétences des élus locaux, il a été loué à n’importe qui, pour organiser n’importe quoi et finir par être fermé, par manque de doigté et de savoir faire.

Deux théâtres dont l’état déplorable, en dit long sur le niveau culturel de nos élus.

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