Le tissage traditionnel : un métier en voie de disparition

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Par: Khadija Choukaili

Le tissage traditionnel, quelle nostalgie que de penser à ce temps merveilleux où nos ancêtres de la gent féminine avaient pour occupation privilégiée de tisser la laine pour en faire des couvertures, des djellabas, des selhams (burnous)… Le tissage est une activité que les femmes exerçaient au quotidien.

Toute femme apprenait dès son jeune âge cet art qui se transmettait de mère en fille. Les familles traditionnelles jugeaient la valeur d’une femme à travers la richesse des œuvres qu’elle tissait.

Cet art représentait pour les femmes un temps de loisir et de détente après le travail domestique et agricole. Un art féminin dont nos grands-mères détenaient tous les secrets. La laine que les femmes se réunissaient pour transformer a été, auparavant, triée, débarrassée grossièrement de menjejses impuretés, lavée… Commençait alors une autre étape de transformation de la laine à l’aide d’instruments spécifiques : peignes, cardes, quenouilles… Une fois la laine prête, les femmes procédaient alors à la construction du métier à tisser appelé « manssaj ». Une étape qui demande une certaine habileté et beaucoup de patience.

Les tisseuses façonnaient ainsi des couvertures, des étoffes de laine blanche, des vêtements masculins à capuche, des djellabas ou des « burnous ».

Qu’il était merveilleux ce temps où le métier de treceived_316343699173724tissage permettaient aux femmes de se réunir afin de donner libre court à leur créativité et à leur savoir-faire.

Ce temps où tout se faisaient en communauté. Ce temps où de simples instruments archaïques permettaient la confection d’ouvrages originaux… Malheureusement, la technologie a ravagé ce secteur qui se retrouve en voie de disparition aujourd’hui. Les instruments conçus jadis pour la confection de véritables chefs-d’œuvre, sont exposés aujourd’hui dans des Musée et autres galeries que des visiteurs viennent contempler sans trop comprendre l’importance de leur utilisation et de leur utilité à une certaine époque.

Et tout un réseau, allant de la sélection d’une bonne laine à la confection du produit fini, a été aujourd’hui décimé.

Quant aux femmes qui s’adonnaient à ces métiers, elles sont tellement rares que l’on peut d’ores et déjà parler d’un métier en voie de disparition.

Les rares femmes qui continuent encore à le pratiquer, se trouvent aujourd’hui dans le milieu rural.

L’industrialisation ayant envahi le monde, les matelas qui jadis étaient rembourrés de laine chez les familles aisées, ont été remplacés aujourd’hui par d’autres, plus légers et plus confortables fabriqués sous toutes les formes et selon les goûts de chacun, pour orner aussi bien les chambres à coucher, que les salon et séjours.

Quant aux « bettaniyate » d’antan, ces belles couvertures tissées traditionnellement, et décorées selon la créativité de chaque tisseuse, elles ont cédé le pas aux couvertures modernes fabriquées en usine « Mantates ».

Que dire ? Sinon que ce secteur qui contribuait à dorer le blase de notre artisanat se trouve actuellement à l’agonie.

Que de familles nécessiteuses  en ont fait leur gagne-pain et ont pu ainsi élever leurs enfants grâce au maigre revenu qu’elles en tiraient.

Il est désolant de voir cette partie de notre histoire toucher à sa fin, et de se rendre compte que ce mélodieux son de ces merveilleux outils de tissage, ne sont plus qu’un simple souvenir de notre tendre enfance.

 

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