Le Maroc, Défi et Stratégie pour un Développement Durable National

Dr. Said EL Mansour Cherkaoui

Qu’est-ce que le développement durable ?

« Le développement durable consiste à améliorer la qualité de vie en protégeant la santé des citoyens, la préservation de l’environnement, a travers la poursuite et la consolidation de l’efficacité dans l’utilisation des ressources humaines, naturelles, économiques et financière afin d’établir des bases solides pour la croissance de la compétitivité économique au delà des considérations et des échéances électorales.  Cette stratégie de développement durable est composée et motivée par l’intégration de priorités environnementales, économiques et sociales dans les politiques et les programmes, et nécessite une action concertée e complémentaire de la part des citoyens, de l’industrie et des autorités publiques a tous les niveaux de la décision locale, régionale et nationale.

« Le développement durable c’est trouver des moyens pour s’acquitter du mandat d’élu de manière à ce que les résultats désirés soient perpétuels, tout en reconnaissant que les décisions d’aujourd’hui seront le legs des générations de demain. » Source: Stratégie de développement durable 2014-2017, http://www.cbsa-asfc.gc.ca/agency-agence/reports-rapports/sds-sdd/sds-sdd-14-17-fra.html

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 Source: http://www.sante-environnement-travail.fr/actualite.php3?id_article=5144

Le Maroc doit consolider ses bases régionales en tant qu’économie nationale gérée par des moteurs de croissance régionale complémentaires dans leur constitutions et ouvert vers l’innovation dans la création d’emploi.  Cette donnée est la seule mesure du succès de toute stratégie entrepreneuriale.  L’amélioration des conditions de travail correspondante et la reconnaissance des droits du travail sont aussi des facteurs structurels qui renouvellent le contenu des productions respectives et installent de nouvelles dimensions technologiques. Cette modernisation continuelle des formes et des unités opérationnelles et l’adaptation des outils de production favorisent la formation de la main-d’œuvre hautement qualifiée et de son personnel créatif.

L’ insertion des métiers technologiques doit se dérouler en tant qu’élément principal dans la détermination régionale et les choix stratégiques des créneaux opérationnels et porteurs. Leur sélection est basée sur leur propre réponse active et potentielle, leur niveau de flexibilité et de rapidité de réalignement sur la dualité existante entre la demande régionale et nationale et celle provenant du marché international.

L’infrastructure doit être une partie intégrante modulée sur les besoins mêmes de complémentarité et de diversification régionale tout en servant l’intégration territoriale, économique et financière.  En somme, la réelle infrastructure est celle qui construit les bases sociales d’amélioration des conditions de vie des plus démunies et des couches les plus défavorisées.  Cette concentration sur les besoins de telles couches sociales serviront de stimulant pour la propagation du développement social dans toutes ses manifestations économiques et financières ainsi qu’éducationnelles.

On ne peut construire une infrastructure dans un espace démuni de support social et n’ayant pas une valeur économique et financière qui pourrait contribuer a son maintien et a son amélioration par la juste utilisation bénéfique des avantages de cette même infrastructure.

D’autre part, l’infrastructure n’est qu’un maillon dans la mise en place d’une chaine de liaison réciproque et stimulatrice des autres pôles régionaux de croissance afin de faciliter la réalisation d’une complémentarité opérationnelle et productive pour coordonner leurs inputs dans l’approvisionnement de l’économie nationale en tant que finalité de toutes les initiatives entrepreneuriales centrées sur la création des emplois.  La croissance et le développement de l’emploi dans les régions intérieures et des façades maritimes dépendent en premier de l’imbrication des pouvoirs publics locaux et régionaux avec les décisions gouvernementales à l’échelon national.  Pour cela, toute inclusion des efforts régionaux et nationaux doivent se vêtir et cibler le renforcement d’un Patriotisme Economique et réduire l’impact des organismes internationaux et l’impact des investissement étrangers directs et indirects.

Pour évaluer l’impact des capitaux étrangers dans le devenir d’un pays, la France nous sert d’exemple vu son importance dans l’appropriation des investissements réalisés au Maroc et vu qu’elle est en même temps un espace ouvert aux investisseurs étrangers malgré qu’ils avaient favorise la création d’un «fossé technologique» entre les Etats Unis et l’Europe. Jean-Jacques Servan-Schreiber en fit son cheval de bataille dans son fameux ouvrage « Le Défi américain », paru en 1967, reste aujourd’hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique.

« La France a amplement bénéficié de ces atouts (entrepreneurial, niveau de productivité, haut niveau technologique) en attirant des investisseurs étrangers. Elle a pu ainsi compenser le manque d’investissement au sein de son propre marché. Cela explique pourquoi les étrangers détiennent presque 50% du capital des entreprises qui composent le CAC 40. Les investissements étrangers constituent donc un soutien important à l’économie française. »  Source: Ezra Suleiman: Les limites du patriotisme économique, Le Figaro, 15/10/2007.

En réalité, la France dans son élan mondialiste n’a fait qu’aggraver le niveau de sa dette publique, la dégradation de son équilibre commercial et l’accentuation de son taux de chômage.  Dans cette optique, le Maroc poursuit la même trajectoire.

Le Développement Durable au Maroc:

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 L’Afrique toute entière est actuellement dans une phase critique pour élaborer et mettre en place des stratégies de développement durable basées sur des vecteurs et des pôles tournés vers le renforcement d’un patriotisme économique, une nationalisation financière et une solidarité sociale.  Le Maroc demeure le phare dans cette transition vu sa proximité géographique de l’Europe et la diversité de ses régions ainsi que leurs disparités affligeantes.

« Le patriotisme économique est généralement perçu comme une invitation faite aux acteurs économiques tels que l’État, les consommateurs ou les entreprises, à favoriser les activités nationales.  […..].  Trois grandes stratégies confirment le souci des États de maintenir des relations durables de confiance avec leurs entreprises nationales.

La volonté de favoriser l’émergence de champions nationaux dans les secteurs d’avenir, comme c’est le cas aux États-Unis et en Chine. Le gouvernement chinois, dans sa volonté de créer des champions nationaux, susceptibles de concurrencer les multinationales étrangères, accorde des aides aux groupes leaders, notamment en prenant des mesures pour faciliter les prises de contrôle d’entreprises étrangères par les sociétés chinoises. Au sein de l’Union européenne, chaque pays favorise la constitution de grands conglomérats financiers, associant activités bancaires et assurance. Ces champions nationaux ont reçu, pour mission implicite de leur gouvernement, de maintenir des centres de décision considérés comme stratégiques en matière financière sur le territoire national. Fondamentalement, la constitution de champions nationaux est en rupture avec la politique de concurrence de la Commission européenne qui vise au contraire à réduire les aides publiques aux entreprises ;

L’instauration d’un » Small Business Act » permettant de garantir plus de commandes publiques aux PME et d’accélérer la recherche-développement et l’innovation dans ce type d’entreprises. Aux États-Unis, le Small Business Act réserve un pourcentage significatif des marchés publics, civils et militaires aux Petites et Moyennes Entreprises américaines ;

Le maintien sur le sol national des centres de décision majeurs et la maîtrise d’activités et d’entreprises sensibles, indispensables à la préservation de la capacité de décision de l’État. Ce qui apparaît décisif aujourd’hui pour un État, c’est d’attirer, dans le pays, des centres de décision économiques et de conserver ceux qui y sont implantés de longue date. Cet objectif s’avère essentiel pour l’indépendance et la sécurité nationale mais également pour le développement de l’emploi. Les activités de recherche et de développement se situent souvent dans le même lieu que le siège de l’entreprise. »

Source: Marie-Françoise Delaite et Jacques Poirot: Patriotisme économique et développement durable, Economic patriotism and sustainable development.

Pour cela, la régionalisation ne doit pas devenir le moyen d’accentuer les déséquilibres, mais un moyen de mise en valeur des ressources locales et régionales en réponse aux besoins nationaux d’un développement durable et nationalement sustainable.

Une décentralisation adéquate doit en effet mettre fin aux enclaves économiques et même culturelles héritées des besoins d’antan de la conquête de l’espace et un conséquent contrôle social qui avait favorisé l’émergence d’enclave économique disparate et inégale dans leur contenu comme dans leur finalité économique.

La mise en valeur des ressources, tant naturelles, humaines que financières si ce n’est renouvelables doit être et stimulée par une croissance économique que les autorités locales, régionales, de tutelle et l’état Central doivent en être les garants et les pourvoyeurs a travers leur engagement solidaire et constitutif. Cette contribution directe est complémentaire en essence et basée sur une distribution équitable et proportionnelle tant au niveau de la participation et l’apport mais aussi sur le plan des retombées et des récompenses y compris l’installation locale des vecteurs et des créneaux porteurs. Cette croissance économique demeure d’ordre nationale mais en fait elle est d’origine régionale.

La réalisation de cette croissance économique doit favoriser en premier le renouvellements des structures nécessaires a sa traduction sociale et politique, la formation des cadres et la qualification technologique de la main d’œuvre, l’attrait et la réalisation des investissements d’infrastructure et la légalité des opérations adjacentes et conséquentes.

L’Etat Central doit se réinvestir d’un rôle primordial dans l’instauration d’une discipline fiscale, légale et constitutionnelle afin de réglementer et de régler la création et l’insertion ainsi que le contrôle d’un ordre effectif et discipliné entre les objectifs, les ressources et les priorités au niveau des dépenses budgétaires.

Ce rôle de l’Etat doit aussi favoriser l’émancipation les réelles potentialités des régions afin de les dégager de leur assujettissement au rôle folklorique en tant qu’industrie conjoncturelle et séduisante pour les seuls besoins d’attirer les devises. Les devises doivent provenir de l’insertion directe de la région dans le tissu national industriel et de leur participation directe dans le développement de leurs propres canaux de distribution et de communication avec la demande internationale par l’établissement de pacte bilatéraux avec des régions des autres pays, en tout premier les pays limitrophes. La structure nationale marocaine doit négocier son insertion dans l’économie internationale et la nouvelle division technologique internationale du travail et de la consommation adjacente.

Dr. Said EL Mansour Cherkaoui

Contact information: saidcherkaoui24@gmail.com

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