L’Artiste peintre Mohamed BERRADA et la RESURRECTION SUSPENDUE,

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Par: Abdellah Hanbali

 RÉSURRECTION SUSPENDUE,  est une exposition de  toiles à techniques multiples où l’artiste exprime son ressenti, son vécu des événements actuels et des changements induits,  de façon spontanée et très personnelle. 

  « C’est vrai que, lorsque je dessine, je suis assez souvent dans un état de mal-être,  spleenétique,  nostalgique…et que, pareil à certains romantiques, qui peuvent être dans un tel état, sans raisons apparentes, j’ai choisi ces moments  pour extérioriser ma douleur, communiquer avec autrui, tout en créant et en donnant le meilleur de moi-même. »

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  Mohamed BERRADA nous surprend avec un style tout à fait inédit et un thème particulièrement différent : la Résurrection Suspendue.

…Univers  presque chaotique, fait de revendications, de révolte, au sein   d’un monde arabe, plus assoiffé de liberté que jamais.

 Précédemment connu  pour ses portraits, sa peinture reflétait bien  ses paroles : désarroi, mélancolie…et  âmes en peine  qui se cherchent dans le labyrinthe de la vie : leur quotidien.Néanmoins, son expression est toujours restée sans équivoque : la perfection de son art.

 Et dans une culture arabe où la quête du sens est un moteur et un aboutissement en soi, les toiles de BERRADA déroutent et interpellent. Ce sens tant recherché est décliné en une multitude de fractions de sens autonomes. Chaque toile est un déluge de sens. Chacune devient l’image d’un sens délirant, d’un sens éparpillé dans tous les sens… pour un « non sens » imaginaire.

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 Ces toiles, n’acceptent ni jugements lucides, ni analyses à tête reposée, car elles sont le produit d’une peinture de spontanéité et d’action, une de ces peintures qui vous happent et vous envoûtent dés l’instant précis où votre regard les croise.

Et c’est dans ce premier impact visuel, cette impression spontanée, bien avant que l’intellect réagisse,  qu’il faudra trouver ce « sens » : cette clé du sésame.

Nous vivons tous dans un univers, devenu une sorte de réseau de communication en tous genres. Plus de frontière  réelle. Hymne au virtuel. Et les toiles de Mohamed Berrada ne dérogent pas à cette réalité. Toutes ces lignes, qui traversent la toile dans tous les sens nous laissent, une certaine impression et une certaine expression subjective, qu’une fois mises bout à bout sur une toile, c’est  l’ensemble de tous ces sens subis et suggérés, qui finit par donner le plein sens recherché.

Chaque toile est faite de données, de suggestions et de bribes éparses mais autonomes. Chaque bribe est là, avec ses couleurs, sa façon d’ « être » prête à vous défier, à vous narguer et à vous inviter au jeu,  pour mieux se déjouer de vous. Chaque bribe est là pour vous conduire en visite guidée, vers une autre partie de la toile, une autre partie du puzzle, et où elle finit allègrement par s’y  imbriquer et s’y lier.

 Chaque toile n’est que la suite d’une précédente. Aucune n’est une fin en soi. Chacune s’inspire des unes pour susciter les autres. Tout est relié. L’unité dans la diversité. Le royaume du « tout ou rien ».

Selon Berrada, « … les adultes que nous sommes ont perdu cette richesse qui leur permettait d’embrasser les détails éparpillés en un acte immédiat et unique de compréhension … cette réflexion m’a conduit à chercher une peinture dont la structure suggère un univers duquel l’architecture pourrait rejoindre le mode de fonctionnement de la pensée.

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C’est pour cela que l’artiste ne doit, forcément, pas avoir  un style précis. Il doit rester en une perpétuelle quête de nouveauté, sans abdiquer devant les « frontières » et sans se restreindre à un style en particulier.

J’étais  proche de l’impressionnisme, mais  après plusieurs recherches, je me  retrouve à l’heure qu’il est  dans l’art abstrait. Le thème de mon exposition actuelle a aussi joué un rôle dans ce sens. Il demande plus de spontanéité au travail. Ma source d’inspiration, le printemps arabe, s’est transformé par la suite en hiver islamiste, parfois extrémiste, ce qui peut menacer les valeurs humaines et la liberté individuelle. Je ne suis contre, ni les mouvements islamistes, ni salafistes ou autres, mais contre toute forme d’extrémisme. Et c’est à cause de ce phénomène nouveau, que j’estime préférable d’attendre encore la fin de cette révolution pour lui donner un titre définitif. »

L’artiste Mohammed Berrada, possède une technique hallucinatoire, démentielle, au coup de pinceau surnaturel où les couleurs s’enchevêtrent avec une dextérité ensorcelante, tout en accentuant la pensée d’une apothéose cataclysmique : celle du bien contre celle du mal ; celle de la lumière divine contre celles des ténèbres, de la tristesse, des déboires et de toutes sortes de désillusions sur le sort et sur la vie.

Mohamed Berrada  est à la fois  artiste peintre,  professeur d’arts plastiques et président de l’association des arts plastiques « mass’art ».  

Né à El Jadida, mais vivant et travaillant à Agadir, ce jeune artiste à réussi merveilleusement à assortir le rouge des coquelicots, la verdure des champs, le saumon des citrouilles, le bleu-azur de l’océan…de son doukkala natal, à l’ocre du sud du royaume. Et c’est à travers la beauté de ces couleurs, que jaillit  toute sa sensibilité, son amour et ses émotions.

 Mohamed Berrada expose actuellement, à l’Institut français d’Agadir, du 10 au 20  avril. 

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