La tramdina, ou quand le mois sacré du ramadan est transformé en panier à crabes.

Comme chaque Ramadan, la tramdina a pris rendez vous avec un bon nombre de jeûneurs.

On peut dire qu’elle est un réel leitmotiv récurrent de ce mois, un phénomène et un comportement chronique dans la société,  dérogeant de manière criarde et sans jeu de mots, aux vertus et aux sentiments de piété et de recueillement qui doivent empreindre le jeûne mais qui malheureusement faussent compagnie à plusieurs , d’autant plus que ces derniers ne sont pas le plus versés en matière de civisme.

Cette endémie sociale  s’amplifie de plus en plus en raison de plusieurs facteurs qui l’aggravent, comme l’ignorance, l’addiction aux drogues , à l’alcool, à la nicotine, à la caféine, le manque de sommeil aussi, et semble contaminer presque tout le monde.

Pour en juger, il suffit d’aller faire un tour dans les rues de nos villes ou  dans les marchés pour prendre la mesure du phénomène , qui engendre des violences et des obscénités verbales allant  souvent jusqu’aux coups et  aggressions à l’arme blanche . Sans oublier les violences sur les routes, causées par des chauffeurs de taxi, et de bus « mramdnine  » qui sèment la terreur au niveau de la circulation urbaine, notamment à l’approche de l’heure du ftour.

La crise sanitaire dûe au Coronavirus a également ajouté de l’huile sur le feu, en faisant basculer d’un coup plusieurs personnes dans la précarité, ou bien en l’accroissant pour les petites gens exerçant des petits métiers.

Plusieurs sont devenus atrabilaires et agressifs, arborant une mine rébarbative du matin jusqu’à l’heure de la « délivrance, » à la rupture du jeûne.

 Ils ont tellement les nerfs à fleur de peau qu’ils peuvent être amenés à commettre l’irréparable pour de simples accrochages verbaux ou de banals désaccords.

 Chaque année des victimes innocentes  rendent l’âme à cause de cette violence qui règne pendant le mois de Ramadan , à croire que cette extrême irritation et cette agressivité sont  une preuve de religiosité et de jeûne.

 Exemple s’il en faut,  ce crime survenu la semaine dernière dans la ville de Fès, lorsqu’un quadragénaire père de  quatre enfants a  été victime d’un horrible meurtre perpétré par un trentenaire , suite à une banale altercation.

Le mois de Ramadan est censé être une période de piété, de générosité et  de pardon. Malheureusement, les comportements néfastes de certains jeûneurs frappés par ce syndrome , et pour qui, jeûner ne représente qu’une privation alimentaire sans plus , nuisent à son esprit et à sa sacralité.

Khadija Benerhziel

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