LA COHÉRENCE…

benhima3

Dans ma bouche, le mot cohérence a un goût de douce confiserie. Il parfume le palais. Il plaît et il assouvit.
A mon oreille, il fait l’effet de deux pas de danse saccadés. Il s’ouvre sur une attaque et finit sur une projection.
Dans ma tête, il s’associe à un lexique de bien-être : aisance, opulence ou plaisance…
Avec la cohérence, on a la sensation de bien se tenir et de tenir par les mains. On est assuré de parvenir sans heurts, d’aller jusqu’au bout d’un chemin. On est sûr de pouvoir se ranger dans un camp. On rejoint ou on accueille, avec le sentiment de satisfaction que procure l’échange. Sans elle, on égare et on s’égare soi-même. On est arrogant. On s’obstine, on torture, on fait mal et à quelque endroit où on s’arrête, il faut refaire le trajet.
La cohérence fait, aujourd’hui, cruellement et péniblement défaut dans les commentaires et les déclarations. Par exemple, ceux des Occidentaux sur la Turquie, ceux de nos responsables sur la pratique du pouvoir et la gestion des affaires, ceux de nombreux intellectuels et organismes sur la notion fleuve et vague à souhait de Droits de l’Homme.
Et on ne peut clore cette méditation sans évoquer les linguistes pour qui la cohérence est un phénomène discursif, un facteur d’intercompréhension qui rend un discours compréhensible, raisonnable et, souvent aussi, acceptable. Autant que ces qualificatifs sont équivalents d’intelligence et de rationalisme et opposés à rejet, despotisme ou effronterie.
Ahmed BENHIMA

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