John Waterbury : «  Dans l’administration marocaine, certains sont capables de tout faire bouger… pour que rien ne bouge.»

Municipalité d'El Jadida (2)

Par: Abdellah HANBALI   hanbali__-150x150

L’administration marocaine ne jouit pas d’une bonne réputation auprès des citoyens : lenteur, bureaucratie, mauvais rendement, indiscipline, absence d’organisation, d’études sérieuses, de suivi, d’évaluation, d’une maîtrise de travail… Autant de facteurs qui la marginalisent et la rend  incapable d’accompagner les mutations que connait  notre pays.

Plus d’un demi-siècle d’expérimentations pour  changer cette amère réalité, mais sans  succès.

De multiples  projets ne sont pas menés ç terme et donc n’aboutissement pas, à cause d’ une mauvaise gestion, de lois, pas totalement assimilées et/ou mal interprétées,  de ressources humaines, dont les compétences requises, à même de leur permettre de mener à bien certains  projets, font cruellement défaut ; d’une mauvaise formation du personnel…

En un peu plus d’une cinquantaine d’années, nos communes, à titre d’exemple, sont passées de 801  à 859, pour exploser d’un coup et faire un bond à 1544, puis 1547… pour atteindre aujourd’hui 1603.

La seule et unique raison  d’un tel découpage, n’a été pour Al Basri, l’ancien ministre de l’intérieur ni d’ordre économique, ni social…mais électoral. Et pour continuer à maitriser cette masse électorale, et faire en sorte que les suffrages soient favorables à une partie aux dépens d’une autre, l’on se dirige doucement mais sûrement,  vers le seuil  des 3000 communes. Ey=t c’est ce qui  explique, en très  grande partie, l’existence  de toutes ces communes non viables et qui continuent à survivre par perfusion, en attendant leur disparition inéluctable.

Selon Mme Zarrouk, 500  d’entre elles, sont toujours gérées par des présidents analphabètes ayant réussi à passer à travers les mailles  des filets. Il s’agit souvent de cas, où les plaintes déposées contre des présidents, l’ont été, après le délai légal de huit jours.

Pour les vices présidents par contre, et aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune loi ne les oblige à savoir lire et/ou écrire. Pourtant, ils sont souvent appelés à diriger par intérim. Une autre faille, que ces vices présidents, ne se font nullement prier pour s’y engouffrer. Et  nombreux sont les vice-présidents qui  sont en réalité les véritables présidents de leur communes

D’un autre côté, la détention d’un ou plusieurs  diplômes, n’est pas  une garantie d’un bon gestionnaire.

Nous devons nous inspirer de pays  comme la Corée du sud et le Japon, qui ont comme unique richesse : leurs ressources humaines et  une formation de qualité.

Au Maroc, les découpages opérés pour les raisons précitées, ont donné  deux sortes de communes :

– Des communes incapables de se développement, par manque de moyens financiers et autres et d’autres qui n’arrivent pas à se développement, en dépit de tous leurs  moyens mis à leur disposition.

Pourquoi ?

Pour la simple raison, que gérer une commune, ne se limite pas au seul respect des lois, tout en omettant une évaluation constante et régulière  des résultats atteints.

Parce que gérer une commune, c’est avoir une feuille de route, un programme préétabli en ce qui concerne  les routes, l’électrification, les égouts… ; connaitre le volume des projet ; être en mesure de bien  les  juger , pour pouvoir faire la meilleure  évaluation possible : juger de leur  importance,  du  degré d’attention qu’ils  méritent qu’on leur accorde et des sommes à y investir…  Bref, faire des diagnostics précis, afin de parvenir à des constats justes, réalistes, réalisables…et profitable à tous.

Gérer une commune, c’est prendre soin de son patrimoine et  le fructifier. Une commune qui n’a pas de patrimoine, est une commune condamnée à acheter  au prix du marché. C’est une commune endettée, dont le but se limite au remboursement de ses créanciers.

Gérer une commune,  c’est faire une étude matérielle et d’en connaitre les moyens en sa possession et ceux qu’on  en mesure d’être investis. C’est aussi avoir une certaine souplesse dans la gestion et la capacité de rectifier le tir et  à  trouver les solutions adéquates à chaque fois que de nouvelles circonstances le dictent.

A titre d’exemple, tous les  abattoirs du royaume sont déficitaires et pourtant, pas une seule commune n’essaye  d’y remédier et y trouver  « la combinaison gagnante ». Au contraire, toutes persistent et signent dans l’erreur.

N’est-il pas temps pour ces abattoirs de multiplier les prestations, en  fabriquant des produits dérivés, par exemple,  afin de renverser la donne ?

Poser la bonne question, n’est ce pas  un début de réponse déjà… ?

En attendant (Godot ?)…..à bon entendeur….

 

 

 

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