Festival Jawhara: Qui est derrière les invitations répétitives de Cheb Bilal?

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Par: Abdellah Hanbali

Contrairement à certains  , nous n’allons pas  nous  focaliser  sur Cheb Bilal,  suite à ses récentes déclarations incendiaires (ou interprétées comme telle) à l’encontre du Maroc et de la nationalité marocaine. Nous estimons que cet « incident », si incident il y a, est politique et qu’en tant que tel, ceux qui organisent ce festival, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et qui ont invité  cet artiste, connaissent mieux que quiconque, le comment et le pourquoi de leur choix et sont capables de le clarifier, le cas échéant  .

Ce qui focalise notre attention, au contraire, c’est que cet artiste, auquel on peut ajouter, Stati et Cheb Mousker, ont été pratiquement de toutes les éditions de Jawhara !

La seule fois d’ailleurs, où Cheb Bilal n’y a pas été, c’était l’année où l’organisation de Jawhara a eu lieu au port d’El-Jadida (petite scène),  suite aux  longs préparatifs que nécessitaient le salon du cheval et l’installation de ses chapiteaux à l’Hippodrome Lalla Malika.

Si nous avons choisi d’évoquer ce cas inédit, c’est que partout ailleurs, les festivals sont une occasion pour faire connaitre au public, de jeunes bilalchanteurs ayant travaillé d’arrache-pied, tout au long de l’année, pour  percer et  arriver à se faire une place  parmi le gotha des  artistes connus et reconnus.

C’est une récompense pour leurs efforts  et aussi un encouragement  via les cachets qu’ils perçoivent pour leurs toutes premières participations à de tels événements.

Les festivals sont aussi l’occasion à des  artistes confirmés pour présenter leurs nouveaux albums à succès, à leur public. Chose qui sera à même de créer une meilleur ambiance et   interaction (Feedback) entre artiste et public.

En gros, l’invitation d’un artiste à un  festival, obéit à des critères, pas écrits certes, mais palpables, perceptifs… et qui  viennent récompenser les meilleurs (selon le  budget de chaque festival). Car à quoi sert un « directeur artistique », si c’est pour nous  faire « découvrir » ce qu’on connait déjà ?

Comment un public  peut-il continuer à vibrer sur les mêmes chansons, des mêmes chanteurs  …des années durant ?

Quelle ambiance auront nous, du 04 au 06 août à l’Hippodrome Lalla Malika, avec ces mêmes têtes qu’on nous impose chaque année, sans oublier le Directeur artistique du festival, qui se fait aussi inviter un festival sur deux (double fonction ?).

Et si nous faisons fausse route et que le public y trouve son compte , dans ce cas a-t-on encore besoin d’un Directeur artistique ?

Questionné à ce propos lors d’une précédente conférence de presse, Issam Kamal  répondit : « C’est parce que  le public jdidi adore Bilal et la musique Chaâbi !!! ».

Qui le lui a dit ? Avec qui s’est-il concerté ? Sur quoi s’est –il basé ? D’après quel sondage ?

un véritable festival est, avant tout, un divertissement, un rayonnement culturel et un développement économique. Et pour qu’il réussisse, il faut d’abord qu’il soit en dialogue avec son espace, son patrimoine et les particularités culturelles de sa ville. Un festival ne peut réussir s’il n’est pas à l’écoute de la population locale et ne l’implique pas. Un véritable festival fait en sorte que les spectateurs se réapproprient le festival et sentent que c’est le leur. Et ce type de festivals ne meurt jamais, puisqu’il aura toujours  une population  derrière et qui le revendique.

A bon entendeur…

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