El Jadida : Une ville sans centre-ville !!!

Faut-il rappeler qu’El Jadida étant qualifiée de ville touristique, devrait, à l’instar de toutes les autres villes du Royaume, disposer d’une belle place qui constitue sa devanture et son centre-ville ?

Le centre-ville est, certes, le quartier le plus animé d’une ville. La structure urbanistique d’un centre-ville se caractérise, en principe, par un habitat dense quadrillé de voies urbaines et agrémenté de places ou d’esplanades ornées de verdures et d’espaces où peuvent se pavaner les promeneurs, et où se multiplient les beaux magasins, les cafés et restaurants et différents commerces plus ou moins grands.

Malheureusement, notre centre-ville-ruralisé, en l’occurrence, la Place Al Hansali (ou le Prince) ne peut s’enorgueillir de porter encore ce qualificatif de centre-ville. Son charme d’antan a complètement disparu et a cédé la place à l’anarchie qui sévit actuellement, avec ses commerçants et restaurateurs ambulants, ses trottoirs squattés à titre de parkings  pour les deux-roues par des énergumènes que l’exode rurale a conduit vers la ville, pour lui donner cet aspect qu’on ne lui reconnait plus.

Il faut souligner que ce processus formant le rapport interactif espace-individu se matérialise par un comportement de la communauté qui est en total déphasage avec l’évolution de la vie citadine, où la notion de la ville se perd dans les profondeurs des faubourgs, en constituant ainsi un seul espace sous forme de souk en plein centre urbain.

On ne peut, cependant, pas se cacher la face et ignorer que certaines parties trouvent sûrement leur substrat de croissance et leur profit dans ce désordre et cette anarchie, et continuent à en tirer de véritables bénéfices. S’il s’agit d’une histoire qui sévit depuis la nuit des temps, il n’en demeure pas moins que son impact cauchemardesque se prolonge dans l’espace et dans le temps, pour rendre ce centre-ville, un véritable « souk » et démontrer par ce laisser-aller abracadabrant, que la Commune est loin de trouver issue à cette situation qui ne peut être résolue à coup de campagnes ponctuelles de tentatives libération de l’espace public.

L’un des rôles principaux de la Commune devrait être la préservation et l’embellissement des espaces publics qui constituent le charme dont est dotée cette place historique et qui est la pierre angulaire et le lieu de prédilection pour de nombreux estivants et touristes.

Certes, la volonté irréversible et invincible affichée par les candidats lors des campagnes électorales, et leurs serments à travers des discours élaborés promettant d’améliorer le quotidien des citoyens ainsi que la remise à niveau de la ville, demeurent des promesses qui vont probablement à l’encontre de la volonté des décideurs. Mais cela n’empêche que la ville continue de plonger dans une dégradation sans précédent.

Khadija Choukaili

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