El Jadida : Une plage, un déclin … mais quel destin ?

Tout le monde s’accorde sur le fait que la gestion et l’entretien d’une plage n’est pas une chose aisée.

Toute maintenance nécessite à coup sûr une logistique qui se traduit par des moyens humains et matériels à mettre en place, en plus d’une gestion de cet espace destiné  à recevoir des milliers d’estivants venus chercher la détente.

Cependant, on constate que depuis plusieurs décennies, la plage d’El Jadida ne bénéficie d’aucun réaménagement en mesure d’améliorer ses espaces et ses infrastructures.

Bien que s’étendant sur quelques kilomètres, cette plage, tant convoitée par les estivants, connait une condensation importante, et souffre d’un manque d’entretien de ses espaces et de ses infrastructures.

Il faut reconnaitre que  depuis plusieurs décennies, les seules tentatives de réaménagement se sont traduites par des « démolitions » telles que détruire les escaliers de l’hôtel Marhaba, ou murer les cabines qui faisaient la particularité de  cette plage…, sans parler des terrains de sports qui faisaient le bonheur des estivants et où des compétitions avaient lieu tout au long de la période estivale.

La plage d’El Jadida à l’aube de l’indépendance avait son règlement intérieur qui réglementait aussi bien la tenue vestimentaire, que la pratique des sports, en interdisant tout ce qui pouvait constituer un quelconque dérangement pour les visiteurs.

Même les contenants de nourriture étaient strictement interdits sur les aires de baignades et sur le sable. Les animaux également étaient interdits d’accès à la plage.

Bref, un règlement qui était respecté par tous, sans contrainte d’aucune autorité sécuritaire, et nul n’avait besoin qu’on le rappelle à l’ordre, sur l’interdiction d’un barbecue ou sur la nécessité de ramasser les déchets qu’il produit.

 Le mot civisme faisait partie du savoir-vivre qui régnait à l’époque.

Si l’on voit l’état actuel de l’infrastructure de base, on se rend vite compte de la vétusté des douches et des WC où règne une insalubrité répugnante.

Sur les espaces de baignades règne une anarchie insoutenable. Les footballeurs s’y déploient comme dans un stade, sans que cela dérange le moins du monde ces agents sécuritaires censés confisquer tout objet pouvant constituer le moindre danger pour les baigneurs.

Les chiens, parfois dangereux, s’y promènent sans laisse, aux cotés de leur maître en toute quiétude, provoquant parfois la panique, sans parler des souillures qu’ils laissent traîner derrière eux et qui constituent une réelle pollution de cet espace réservé, en principe, aux vacanciers venus chercher un moment de détente.

Si l’on pousse la réflexion plus loin, on a vite fait de se rendre à l’évidence que la sécurité des baigneurs fait défaut au sein de cette plage.

Les quelques maîtres-nageurs qui s’y déploient ne peuvent contrôler, en cas d’urgence, tout l’espace de baignade. Même les moyens de sauvetage dont ils disposent sont limités.

 Quant au zodiac réservé au déplacement rapide des sauveteurs, il est toujours amarré sur le sable, sachant qu’en cas de noyade, chaque seconde compte et plus le temps s’écoule pour le mettre en marche, plus la vie de la victime est mise en cause.

Il serait peut-être temps de réagir et sauver cette plage de l’anarchie qui y règne.

Les solutions sont évidentes pour des responsables consciencieux.

Les temps évoluent et les mentalités devraient se mettre au diapason du développement socio-économique de la région qui pullule de cette jeunesse à la recherche d’emploi. Il serait temps d’engager des sauveteurs et du personnel sécuritaire en leur assurant une rémunération convenable afin d’éviter des drames qui sont vite survenus au niveau des aires de baignades.

Tout est possible et il n’est jamais trop tard pour bien faire… à condition qu’il y ait des décideurs conscients qu’il serait temps de prendre le taureau par les cornes et agir.

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