Cette fois, ce n’est pas sur la question de la défiguration des beaux traits de ma ville que je vais donner libre cours à mon indignation et ma colère.Ce n’est pas, non plus à cause de cette solitude nostalgique qui me serre horriblement le cœur ni encore en raison des mille et une aberrations ayant fait d’El Jadida cet épouvantail qui fait peur aux locaux avant les visiteurs, alors que pas plus loin qu’hier elle faisait chanter les sirènes.
Non, ce n’est pas en réaction contre ces prises de décisions incongrues, ces barcasses à ordures débordantes, ces routes malmenées, ce désordre ambulant, cet éclairage public étouffant, ces parcs qui périclitent… que je vais libérer les flux de déceptions et d’incompréhensions qui me taraudent tout au long de ces dernières années, où je me retrouve étranger dans une ville étrangère et qu’on continue d’appeler El Jadida par respect à l’histoire.
Ah! Cette héroïque et belle histoire qui nous ramène instinctivement aux artisans qui ont forgé l’indépendance de notre pays et à leur tête Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde.
Ainsi donc et comme chaque 18 novembre, le peuple marocain célébrera le lundi prochain, la fête de l’Indépendance du Royaume, ce grand jour dans l’histoire de notre pays, qui commémore le discours historique du père de la Nation, feu Sa Majesté Mohammed V annonçant la fin du protectorat et la libération de la Patrie.
C’était donc dans cette même euphorie de liesse et par élan de patriotisme que la ville d’El Jadida avait changé le nom du “Parc Lyautey” en “Parc Mohammed V” tout en y installant une stèle commémorative portant l’effigie du père de la nation, Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, en signe d’hommage à cet auguste Roi qui a fait fusion avec son peuple pour libérer le Pays.
Toutefois, l’insolite que nous vivons depuis quelques temps, c’est que cette effigie qui porte en elle tout un pan de notre histoire contemporaine a disparu depuis assez longtemps sans que cet acte qu’on peut qualifier de “sacrilège”, n’ait été suivi par une véritable levée de boucliers afin de démasquer les tenants et aboutissants de ce “pillage”.
A défaut de cela, on aurait dû au moins mettre en place une copie similaire en attendant l’aboutissement de cette affaire qui nous concerne tous.
Enfin, je voudrai bien qu’on soit clair, en pareille situation. Il se peut que certains dépassements vis à vis de nos lieux et places de mémoire, arrivent plus ou moins à être tolérés avec sursis, pour une raison ou une autre, mais lorsqu’il est question de repères à forte charge historique et surtout patriotique, le pardon ou la tolérance n’ont plus le même sens.Et c’est la tolérance zéro qui doit prévaloir.
CHAHID AHMED