Le mariage des mineures continue à enregistrer des taux alarmants au Maroc, malgré la réforme de la Moudawana et l’interdiction de toute union avant l’âge de 18 ans.

Des chiffres préoccupants ont été annoncés ce lundi, à Casablanca, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée le 4 mars de chaque année depuis 2009, selon les résultats d’une étude réalisée par l’association « Droits et Justice » sur le mariage des mineures.

Selon cette étude réalisée avec le soutien du Centre Danois pour la Recherche et l’Information sur le Genre, l’Egalité et la Diversité, les mariages des filles mineures, authentifiés par un acte, restent importants dans les 12 régions du Royaume, mais a enregistré une hausse significative dans la région Casablanca-Settat. Le taux du mariage par la Fatiha représente, quant à lui, 10,79% des cas recensés.

Il faut reconnaître que malgré les efforts déployés par le gouvernement, le mariage à la Fatiha persiste avec un pourcentage non négligeable de 13% en milieu rural, contre 6,56% en milieu urbain selon le rapport de l’étude, une procédure à laquelle font recours les familles pour contourner l’interdiction du mariage des mineures.

L’étude en question a également révélé que ce mariage à la Fatiha représente un taux très important, égal parfois, à celui du mariage authentifié par un acte. Mais la région de Casablanca-Settat reste la plus touchée par le mariage des mineures avec un taux de 19.86%.

Il faut rappeler que pour promouvoir l’égalité homme-femme et améliorer le droit des femmes, le Maroc avait modifié en 2004 le code de la famille, et parmi les nombreuses dispositions annoncées, l’âge minimum légal du mariage est passé de 15 à 18 ans. Mais malgré cette réforme, le mariage des adolescentes reste en nette augmentation.

Selon le ministère de la justice, 319.177 des demandes de mariages des mineures ont été validées entre 2009 et 2018. Il faut préciser que bien que tout le monde s’accorde sur le fait que le mariage des mineures expose ces dernières à de réels problèmes et qu’il est primordial d’y mettre un terme, les chiffres enregistrés sont en perpétuelle augmentation.

Le Code de la famille promulgué par le Roi prévoit des dérogations dans des cas exceptionnels. Le juge de la famille peut ainsi autoriser le mariage d’un garçon ou d’une fille de moins de 18 ans si les parents ou le représentant légal de l’enfant le demandent. Lorsque le juge donne son accord, sa décision est irrévocable et l’épouse mineure n’a droit à aucun recours.

En 2018, plus de 25 000 dérogations légales ont été accordées dans le Royaume, augmentant le nombre de mariages précoces. Toutes ces exceptions à la règle ont concerné seulement les filles.

Inutile de rappeler que les conséquences sont très lourdes pour ces filles qui sont contraintes d’abandonner leur scolarité. Sans négliger que les effets des grossesses sont néfastes pour leur santé, et que leur jeune âge et leur inexpérience les exposent à de graves problèmes gynécologiques. Ces filles encore jeunes, qui donnent naissance à des enfants, risquent davantage de mourir en couche, et mettent aussi la vie de leurs bébés en danger.

Mais ce fléau n’est pas qu’un problème de droit. C’est également un problème socio-économique qui pousse les parents à marier leurs filles et pensent lui assurer ainsi une vie décente et la sortir de la pauvreté.

Il faut dire que ces conséquences, si lourdes pour l’avenir des mineures, découlent de cette dérogation qui permet ce mariage précoce. Une exception qui confirme la règle et en fait, malheureusement, une norme.

Les associations féministes et de défenses des droits de l’Homme ne cessent de tirer la sonnette d’alarme afin d’en finir avec cette dérogation.

Plusieurs compagnes ont été lancées en 2019 pour l’abolition de cette dérogation et le rétablissement de la norme.

Une simple dérogation dans un texte de loi, mais si lourde de conséquences néfastes pour nos mineures.

https://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2020/03/ado.jpghttps://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2020/03/ado-150x150.jpgadminsZoomLe mariage des mineures continue à enregistrer des taux alarmants au Maroc, malgré la réforme de la Moudawana et l’interdiction de toute union avant l’âge de 18 ans. Des chiffres préoccupants ont été annoncés ce lundi, à Casablanca, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'exploitation sexuelle, célébrée le 4 mars de...Source de L'information Fiable