El Jadida : Quand le squat de l’espace public prend une proportion alarmante

Par: Khadija Choukaili

N’est-il pas déconcertant de voir des commerçants, des restaurateurs et des propriétaires de cafés, aménager, dans l’impunité totale, des extensions anarchiques sur les trottoirs, en principe, réservés aux piétons ?

Certes, quand on se remémore les belles promenades durant ses années de gloire, on se souvient, avec nostalgie, qu’El Jadida disposait (abstraction faite de son nombre d’habitants ne dépassant pas encore quelques dizaines de milliers) de trottoirs spacieux où les promeneurs se pavanaient, sans risquer d’être bousculé ou dérangé par un quelconque obstacle en mesure de perturber leur balade. Les commerçants, à l’époque, avaient leurs vitrines et les cafés et restaurants, avaient leurs petits espaces réservés pour les terrasses, où les tables et chaises étaient disposées dans le respect total des limites autorisées.

Il faut souligner que ces appropriations illicites des espaces publics prennent de plus en plus de l’ampleur, au vu et au su de tous, sans que les autorités locales bougent le petit doigt pour les arrêter. Encouragés par le laxisme des services de contrôle et l’absence totale de l’intervention des structures concernées, certains poussent l’audace jusqu’à l’aménagement, en bonne et due forme, d’extensions de leur local commercial, ou de la terrasse de leur café, sur le trottoir, s’accaparant ainsi, illégalement, des dizaines de mètres carrés, si bien que « ce faire » devient  non « l’exception », mais plutôt la « règle » que continuent à suivre certains, obligeant ainsi, de manière indélébile, les piétons à circuler sur la chaussée, à leurs risques et périls.

Il faut rappeler qu’il était inimaginable, il y a quelques décennies, de voir un quelconque commerçant squatter ne serait-ce qu’une petite partie de l’espace public, car chaque citoyen connaissait ses droits et assumait ses obligations dans le respect total de la loi.

À cette époque, les cafés et restaurants disposaient, au niveau de leurs terrasses, de stores pliables pouvant être placées à l’ouverture et retirées à la fermeture, laissant l’espace public libre sans nul dérangement pour les passants.

Où est donc passé le civisme de ces citoyens qui n’avaient pas besoin de spots publicitaires les incitant à respecter tout ce qui est propriété publique ? Il faut reconnaitre que le manque de civisme et le laxisme des autorités favorisent désormais toutes les dérives.

Hélas ! Notre Deauville marocain n’est plus, et cette belle cité est ainsi devenue l’exemple parfait de l’incivisme et de l’avidité, si bien que certains n’hésitent devant rien pour squatter chaque mètre carré encore libre, et uniquement à la recherche de leur intérêt personnel, ayant pour seule devise… « Après moi, le déluge ».

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