El Jadida : Qu’adviendra-t-il des jdidis sans tests de dépistage et sans places disponibles dans les cliniques?

Certes, la situation est hors contrôle depuis plusieurs semaines au niveau du Royaume, vu l’explosion des cas atteints du covid-19 et l’insuffisance de la logistique de prise en charge des patients.

Mais à El Jadida, il s’agit d’autre paire de manche, car sans laboratoire pour déterminer au moins les cas positifs, et des cliniques qui affichent « complet », le citoyen se retrouve livré à lui-même de telle sorte que ce virus a été « banalisé » par la population, qui, en fin de compte, n’a pas d’autre choix que de « cohabiter » avec lui.

Ai-je dit « cliniques qui affichent complet » ? Et après ? Peut-on imaginer un simple citoyen, ayant les symptôme du coronavirus, se pointer devant la réceptionniste d’une clinique privée, et dégainer son chéquier pour signer un chèque d’au moins 60.000 dirhams pour bénéficier d’une hospitalisation, alors qu’il se bat pour survivre et assurer à sa famille le minimum vital vu le contexte de crise économique ? Ajoutons à ce contexte dramatique, l’impossibilité de se déplacer hors de la ville.

On ne peut que se rendre à l’évidence et conclure que ce foutu virus devrait ne pas livrer un combat à moins fort que lui, vu que la majorité des citoyens survivent avec moins que le minimum vital.

Excusez l’ironie, mais la rage de voir tous ces malades mourir par manque de moyens financiers se passe de tout commentaire.

Certes, certains diront que les cliniques privées ne peuvent supporter le coût financier engendré par la prise en charge des malades en réanimation. Mais où doivent s’orienter tous ces patients asphyxiés par la maladie si les hôpitaux publics ne peuvent les admettre ?

Pour ne parler que de la région, depuis la flambée des cas positifs au covid-19 enregistrés au niveau de Casablanca, et afin de soutenir et soulager les structures hospitalières dépassées par les événements lors de cette crise sanitaire, un hôpital de campagne a été édifié en avril, sur la place de l’Office des foires et des expositions, avec une capacité litière de 700 lits et doté de quatre blocs opératoires, disposant de tous les équipements nécessaires.

Un autre hôpital de campagne au sein du centre hospitalier préfectoral de Ben M’sik et disposant d’une capacité totale de 40 lits et équipé en matériel nécessaire dispensant à la fois des services de consultation et de traitement pour les cas suspects et confirmés.

Un troisième hôpital fut également édifié à Benslimane, offrant une capacité d’accueil de 360 malades, dont 40 lits dédiés aux soins intensifs et 20 lits aux cas admis en réanimation.

Pour les jdidis, l’hôpital de campagne d’El Jadida a été bâti en début juillet à la Foire d’exposition aux environs de la ville, et compte une capacité litière de 539 lits et est en mesure d’accueillir jusqu’à 940 patients.

Tous ces hôpitaux de campagne édifiés au sein de la région suite à l’explosion du nombre de cas testés positifs, qui présageaient de la prise en charge des cas de covid-19 et totalisant une capacité de plus de 1600 lits, en plus de la capacité litière des structures sanitaires publiques, n’étaient-ils que de la poudre aux yeux, ou ont-ils effectivement remplis leur rôle ?

Et que sont-ils devenus tous ces hôpitaux édifiés dans le royaume en cette situation de crise sanitaire et dont on n’entend plus parler?

On a commencé par y transférer ces patients testés positifs, tout en vantant leur efficacité et le savoir-faire et le professionnalisme du personnel médical aussi bien civil que militaire qui y œuvre, avant que les informations et les statistiques les concernant ne s’estampent, jusqu’à disparaître simplement sans qu’aucun renseignement ne puisse plus circuler et informer les citoyens de l’état d’avancement sanitaire des patients qui y ont été admis.

Le constat est, malheureusement, bien triste car on se rend à l’évidence qu’il existe bel et bien des failles (et sûrement aussi des défaillances) dans la gestion de cette crise.

Devant ce tableau terne dressé par la réalité des chiffres enregistrés, une lueur d’espoir commence quand même à voir le jour avec l’annonce de ce vaccin qui sera administré incessamment, d’abord aux personnes les plus vulnérables, avant d’être généralisé.

On dit que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Espérons donc qu’il y aura une issue heureuse à cette satanée crise sanitaire.

Khadija Choukaili

Related posts

Leave a Comment