El Jadida : L’incivisme, ce fléau qui gangrène la ville

Certes, en règle générale, veiller à la qualité de vie est l’une des obligations importantes de la Commune, par l’entretien des espaces publics et des voieries, afin de rendre la ville attractive aussi bien sur le plan économique que touristique, mais aussi pour assurer une qualité de vie meilleure aux habitants.

On constate avec nostalgie qu’il est bien révolu ce temps où chaque habitant nettoyait devant sa maison tout en veillant à balayer devant celle de ses voisins, si bien que toutes les rues de la ville étaient propres et bien entretenues, et un coup de chaux donnait la touche finale de propreté.

Malheureusement, de nos jours, nos rues deviennent de plus en plus sales, et la triste réalité est que l’incivisme des citoyens est également, et surtout, mis en cause.

En effet, à supposer que la Commune arrive à assumer ses responsabilités envers les citoyens en s’acquittant du mieux qu’elle peut de ses activités et même dans les règles de l’art, comment lutter contre l’incivisme des habitants ? Cet incivisme qui se traduit par des déchets abandonnés sur la voie publique, jetés à même le sol et finissant parfois à la mer. Des véhicules en stationnement en double file, pour récupérer des enfants à l’école, ou pour acheter du pain d’une boulangerie, ou tout simplement pour saluer une connaissance. Certains se permettent même de rouler à contre sens, sans que cela semble les déranger le moins du monde. Sans parler de ceux qui croient que la voie publique leur appartient et se permettent, en tout lieu, de laisser leur empreinte polluante de quelque manière que ce soit.

L’incivisme est malheureusement, ce mal difficile à combattre du fait qu’il émane d’un égoïsme qui, d’individuel, devient social.

Pour lutter contre ce phénomène, il faudrait se tracer comme objectif de changer les comportements, et agir tous azimuts par la sensibilisation, l’éducation, et surtout par la répression, afin de faire prendre conscience de la déviance à laquelle se sont habitués les habitants. Un travail de longue haleine relatif à l’éducation, qui devrait s’engage, sans doute, sur plusieurs générations, pour remettre les fondamentaux du savoir-vivre au cœur du pacte de la « réurbanisation » de la ville, qui s’est ruralisée.

Il faut reconnaitre que, de nos jours, le citoyen se définit, de plus en plus, comme un détenteur de droits (et de vérités), alors qu’il est co-responsable de l’espace public et de la société dans laquelle il vit et qu’il partage avec ses concitoyens.

De ce fait, il devient de plus en plus urgent, vu la situation désastreuse de la ville, de réincarner l’espace commun et le collectif que chaque citoyen partage en société. Car le civisme contribue à créer ce sentiment d’appartenance, qu’on a perdu au fil des ans, et qu’on a troqué contre l’individualisme qui a engendré l’incivisme qui ne fait que créer des confrontations.

L’incivisme constitue un manque de respect pour la collectivité. Il détruit le vivre-ensemble, et nuit au cadre de vie et au respect des règles de vie sociale.

Il est grand temps pour les citoyens de comprendre que c’est par le respect des règles d’occupation du domaine public, des règles d’hygiène et de sécurité, des règles relatives au code de l’environnement et de l’urbanisme, qu’on arrivera à développer notre ville, car en matière de civisme, on est bien loin du « chacun pour soi ».

Khadija Choukaili

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