El Jadida : Les riads… la renaissance d’un patrimoine grâce aux maisons d’hôtes

Avant l’avènement des villas pendant le protectorat, les riads constituaient les demeures des familles nanties, et surtout nombreuses, car alors, y cohabitaient jusqu’à trois générations, parents, enfants et petits-enfants.

En effet, au cours du 20ème siècle, El Jadida, à l’instar de beaucoup de villes marocaines, a subi la dépréciation de ces maisons anciennes à l’architecture originale. Leur paupérisation, mais également l’urbanisation massive, ont entraîné un processus d’abandon de ces vieilles bâtisses, considérées comme désuètes et vétustes, au profit de constructions plus modernes.

Il faut rappeler que dans la tradition arabe et particulièrement marocaine, un riad est une maison d’architecture traditionnelle avec un jardin clos, divisé généralement en quatre plate-bandes qui entourent une fontaine placée au centre de la maison. Ces jardins, à la géométrie rigoureuse, étaient parfois agrémentés de pavillons et d’alcôves, et entourés de galeries d’arcades. Ces maisons sont pour la plupart construites autour de patio planté sur le même modèle, le mot désigne, par extension de sens, toute maison possédant un jardin intérieur.

Des bâtisses traditionnelles qui ont été longtemps délaissées, mais auxquelles, heureusement, on a commencé, ces dernières années, à y accorder de l’importance et à prendre conscience que ce patrimoine exceptionnel n’est pas voué à être transformé en espaces de musées, ni en espaces résidentiels des populations marginalisées.

Le dynamisme actuel peut même permettre d’envisager ces anciennes bâtisses à l’architecture originale, comme des espaces qui peuvent s’adapter aux changements, en offrant des qualités architecturales et urbaines redécouvertes. C’est le cas des maisons d’hôtes qui ont pu redonner une nouvelle vie à ces vieilles maisons et une autre façon de les considérer.

Ainsi, ces vieilles demeures sont passées d’un statut d’espaces délaissés à celui d’espaces convoités, particulièrement par les touristes étrangers, assoiffés de dépaysement, désireux de découvrir le mode de vie doukkali, et plus globalement marocain.

Ce processus semble au cœur d’une renaissance urbaine, notamment par le rôle que jouent les investisseurs dans cette requalification des tissus urbains anciens.

Il faut reconnaître que les rénovations effectuées dans ces bâtisses respectent au maximum les formes et les techniques traditionnelles de construction, tout en les accompagnant de certaines transformations, les plus discrètes possibles, en mesure d’y apporter les éléments indispensables du confort moderne, tels que salles de bain, ameublement conforme aux besoins de la clientèle essentiellement occidentale.

On y découvre le mode de vie purement marocain, mais adapté selon les besoins de la clientèle. Les repas y sont servis dans la tradition, tout en y apportant tout élément assurant confort et commodité, tels que couverts et assiettes répondant aux concessions du mode de vie international, mais dans le respect de la tradition marocaine, par l’utilisation de tables basses et d’ustensiles traditionnels.

Un dépaysement spatial et temporel assuré et une approche de la culture marocaine à travers son habitat et son mode de vie traditionnels, ainsi qu’une communication directe avec le personnel de maison et le voisinage direct, sont autant d’éléments qui ont fait le succès de ces riads traditionnels transformés en maisons d’hôtes.

Un patrimoine qui a été revalorisé et qui contribue grandement à la médiatisation positive de ces bâtisses qui permettent la requalification de certains quartiers à haute valeur patrimoniale qui ont été marginalisés et délaissés.

Khadija Choukaili

Related posts

Leave a Comment