El-Jadida : Les oiseaux se cachent pour mourir

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Par : Abdallah Hanbali

Récemment encore, une jeune personne vient de se donner la mort à El-Jadida. Un triste scénario auquel a assisté une foule impuissante, mais visiblement prête à tout, pour aider, si le moindre besoin s’en était fait sentir. Sapeurs pompiers, policiers, ambulance… se sont  déplacés en nombre, mais en vain… Et tout d’un coup, l’ont se surprend en train de penser la chose suivante : comment un Etat peut-il déployer tous ces moyens pour sauver une personne qui  cherchait à mettre fin à ses jours et laisser mourir des malades  qui  prient  nuit et jour, pour qu’on daigne enfin leur accorder un brin d’égard et leur venir en aide ?

Des citoyens, dont le seul tort est d’être  sans travail et donc sans  couverture sociale, comme si être chômeur dans ce pays est un choix délibéré, un luxe qu’on   se paye de plein gré, dans ce qui est qualifié, de plus beau pays du monde. Comment peut-on  sortir « la grande artillerie » pour sauver une jeune personne qui ne cherchait qu’à  mourir, et à ignorer des malades qui tiennent de tout ce qui leur reste comme force, à la vie ? Il est clair que quelque chose ne tourne pas rond au sein d’un système pareil.

Est-ce  la conséquence naturelle et malheureuse de  notre suivisme aveugle ?

En France, entre autres, où l’on use d’énormes moyens en hommes et  matériel pour sauver toute personne cherchant à mettre un terme à ses jours, on fait de même envers un SDF menacé par le froid ou… un chat piégé en haut d’un poteau électrique. Ce sont des Etats qui anticipent, parce que ne rien voir venir et finir par se laisser prendre de   court… sont des notions inacceptables pour tout  responsable qui se respecte.

Un malade qui n’arrive pas à se payer les soins dont il a besoin, n’est-il pas en danger de mort ?

Ne pas l’assister, physiquement et psychiquement, n’est-il pas un délit de non assistance à personne en danger ?

 

Une personne souffrante d’une  maladie  incurable, ou à laquelle elle ne peut s’offrir les soins adéquats, ce système  qui se met en branle pour l’empêcher d’écourter ses souffrances et mettre fin à ses jours, ne pouvait-il pas aussi, anticiper, en  le prenant en charge jusqu’à sa guérison …ou sa mort ?

Empêcher quelqu’un de se suicider est un acte noble. Mais à y cogiter de  près, il en ressort que la véritable ligne politique suivie par nos responsables est la suivante : « Les oiseaux se cachent pour mourir, alors faites comme eux. Laisser les immeubles donnant sur les grands boulevards, laisser les lieux publics et tout ce qui est en mesure  de  faire une mauvaise publicité pour le pays… »

Et alors me diriez-vous ?

Et alors ?….Crève qui voudra ! »

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