Il est douloureux de continuer de remuer le couteau dans la plaie. Dans cette plaie qui restera à jamais béante dans le cœur des jdidis qui ont connu cette belle époque où l’art et la culture occupaient une place importante dans leur quotidien. Une époque où le plan urbain et architectural tenait compte de la culture et de l’art pour en faire un réel levier de développement.

Sidi Bouzid, conçu en tant de station balnéaire, dans les années soixante-dix dans les règles de l’art architectural d’un site estival, a été réalisé à travers une infrastructure tenant compte  d’un postulat, relégué de nos jours aux oubliettes, et qui n’est autre que l’art et la culture. Une petite arène à ciel ouvert, d’une rare beauté architecturale, y a été aménagée, dans un cadre paradisiaque dans lequel jdidis et estivants venaient y passer d’agréables soirées. Que de grands artistes se sont produits dans cette arène exiguë, certes, mais qui faisait la fierté de tous.

Il est scandaleux de constater l’état de dégradation avancé de ce patrimoine culturel unique en son genre. C’est à se demander à qui profiterait la détérioration de ce site touristique relevant pourtant de l’une des plus riches Communes du Royaume pour ne pas dire la plus riche, quand on sait que son réaménagement ne nécessite pourtant pas de grands moyens.

Mais seule la population jdidie de l’époque est en mesure de comprendre  l’importance que constituaient les activités artistiques. Que d’artistes y ont fait leurs débuts en  présentant leurs premiers spectacles  sur la scène du théâtre municipal, qui porte d’ailleurs, aujourd’hui, le nom de l’un de ses prestigieux pionniers.

Sans Internet à l’époque, et avec pour seul moyen culturel et de distraction, une seule et unique chaine de télévision, les activités artistiques et culturelles n’étaient pas seulement un passe-temps, mais bel et bien des passions qui se pratiquaient dans les règles de l’art, si bien que les soirées théâtrales où cinématographiques constituaient une culture « que les moins de vingt ans » ne peuvent pas connaître, pour reprendre cette expression si expressive de Charles Aznavour.

Une belle époque où le sport, l’art et la culture ont connu leur apogée et nous ont légué des noms de grands hommes, qui ont gravé en lettres d’or leur empreinte dans l’histoire d’El Jadida.

De grâce, rendez El Jadida aux jdidis. Ils sauront quoi en faire et lui rendront, à coup sûr, ses lettres de noblesse.

Comme dit l’adage bien marocain « rien ne saurait mieux te gratter que ton propre ongle ».

Khadija Choukaili

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