El-Jadida: l’Anarchie

Le lobby du commerce informel est- il si puissant pour que les autorités n’arrivent pas à l’éradiquer ?

Qui se cache derrière cette Anarchie tout en tirant les ficelles ?

Oû sont les autorités locales ?

Où sont les élus et à leur tête, le fantomatique Benrbiâ, qui a remué ciel et terre pour être réelu, Bakchich aidant.

Où sont les forces auxiliaires, la police administrative, les caïds, le pacha, le gouverneur ?

Sont-ils tous corrompus et en connivence pour nous imposer de force, leur « politique » de « je mange », « tu manges », conjuguée à tous les temps ?

Si tout ce « beau monde » est blanc comme neige, alors c’est que nous vivons en pleine anarchie et que ce sont les commerçants informels qui ont tellement persévéré au point d’imposer leur diktat, face à une armada de « responsables » de l’Etat marocain !

La situation est aujourd’hui abasourdissante. Les maux causés sont très profonds et font si mal au commerce organisé, à la ville et à l’Etat.

Un petit tour à El-Jadida est un indicateur irréversible : une ville meurtrie et dans un état lamentable et désolant.

Le centre-ville donne l’impression d’être un souk rural. Outre l’occupation abusive et anarchique de ses principales artères et des trottoirs, on découvre des commerces douteux à donner des frissons dans le dos !

On déplore aussi l’absence totale des services d’hygiène des différents départements concernés.

Des grillades de saucisses, de sardines, de brochettes de viande et de poulet, sont préparés et  servis sur les trottoirs, voire en coupant totalement la route à la circulation (Boulevard Zerktouni) sans  que « les autorités » n’interviennent !

Cet effacement irresponsable (mais certainement rentable) a incité des propriétaires de laiterie à les transformer, sans aucune pudeur, en snacks. Des bouchers ont été transformés en restaurants-grills…

S’est-on conformé aux exigences légales pour s’adonner à ces activités commerciales ? Apparemment non. Vu l’état des lieux.

Encourager les activités professionnelles, il n’y a rien à dire. Mais pas au détriment de la sécurité et de la quiétude des citoyens.

A ce que l’on sache, il y a des lois réglementant ces activités. Qu’on les applique donc.

L’état piteux des principales artères de la ville, à l’instar des avenues Mohammed V et Mohammed VI,Mohammed Rafiî, Saâda, Salam, Zerktouni… est ahurissant !

Les dalles des trottoirs sont défoncées et crasseuses à cause des déversements des saletés des snacks attenants.

La place Mohammed V vit, elle aussi, cette navrante situation. Aucune hygiène. Aucun respect de l’esthétique de la cité.

Quelles impressions offre-t-on aux visiteurs ?

Quelle honte !

Surtout que ces lieux portent des noms symboliques.

Imaginez un peu ce qu’il est des artères des quartiers populaires!

L’état des lieux est vraiment lamentable. A faire retourner dans sa tombe celui qui l’avait surnommée «Deauville marocain».

L’anarchie est donc totale et chaotique. Le pauvre mazaganais, ne reconnait plus sa ville et  ne sait plus où donner de la tête. Il est constamment soumis aux abus de toute forme et à l’indifférence et au mépris des instances responsables. Livré à lui-même et jeté en pâture, il ne peut compter sur personne.

Dans le transport public, c’est l’anarchie extrême. Si ce n’est l’état catastrophique des véhicules qui l’agressent, ce sont les chauffeurs des petits taxis qui le dilapident.

En l’absence des taximètres ou d’un tarif arrêté par les services compétents, chacun des chauffeurs applique le tarif à sa guise. Après moi le déluge. Un lot quotidien de maux que vit en permanence le citoyen. Pendant ce temps, on assiste passivement à ces mascarades. L’état des lieux dans différents secteurs est noir et fait mal aux cœurs nobles et à une cité dont les traits, d’un charme ensorcelant et d’une beauté sublime, sont toujours perceptibles.

Face à l’inaction de la commune et des différents services concernés, il est temps que le gouverneur de la province, responsable direct, réagisse.

Il ne pourrait rester inactif, en tant que responsable et citoyen, face à ces massacres de toute sorte.

De par les attributions qui lui son conférées par la loi, il se doit d’interpeller les sans scrupules excellant dans tout… sauf dans l’intérêt général de la ville et de sa communauté.

Il ne lui est pas permis, non plus, de laisser des inconscients, des élus véreux et des responsables corrompus mener à leur guise la barque dans leur intérêt particulier. Car adopter une attitude passive est synonyme d’un encouragement à ces irresponsables.

Ne pas réagir serait, à notre sens, un crime commis envers une épopée historique d’une ville qui a répondu toujours présent à tout appel patriotique.

Est-ce El Jadida qui émerveillait ?

Est- ce cette Reine qui ensorcelait jadis ?

Est- ce, ce site touristique qu’on veut être international ?

 El Jadida est désormais un centre rural. Son centre-ville en témoigne. Il ressemble, de plus en plus, à un souk hebdomadaire qui souffre de son état lamentable.

Simple question anodine…Pourquoi tous ces dépassements n’avaient pas lieu du temps du pacha Al Alaoui…?

Eh bien, on ne vous fera pas trop attendre la réponse : parce qu’il n’était pas corruptible…tout simplement.

Abdellah Hanbali

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One Thought to “El-Jadida: l’Anarchie”

  1. Jdidi

    El Jadida souffre des gouvernances moyenâgeuses et des survivances des atavismes rurales.
    El Jadida a besoin d’un gouverneur ou d’un haut administrateur issue du territoire, du genre Driss Besri à Settat, André Azoulzy à Essaouira, L’Hima à Ben Grir etc.. .
    « Pour bien étayer ce que j’écris, en ce moment à Rabat, se déroule une campagne de notyage et de propreté. Ne devrait -elle pas une compagne Nationale pour toutes les villes du Royaume »?
    On modernise Rabat, Bengrir Etc… et on ruralise des villes comme El Jadida.
    Les hauts responsables du
    ministère de l’intérieur qui sont issues de nulle part et qui sont parachutés à El Jadida, ne servent que leurs intérêts personnels, laissant le gestion anarchique de la ville aux Moqadems et aux Chioukh.
    L’urbanisme et la gestion des villes sont des Arts et des techniques qui ne doivent pas être laisser entre des responsables sans visons urbanistique, habitués à gérer des Souks.
    « C’est ainsi que le Deauville des temps du protectorat est devenu une bourgade, jonchée d’ordures avec la participation complice des responsables du ministère de l’intérieur ». Quant au conseil municipal, on sait bien qu’il est, toujours, aux abonnés absents et sans l’aval, des hauts représentants du ministère de l’intérieur, il ne peut rien accomplir.

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