El Jadida : la qualité des prestations proposées par l’Institut Français en constant déclin

Naguère, en lieu et place, existait l’Alliance d’El Jadida et qui a assuré à la population locale, pendant une vingtaine d’années durant, le meilleur enseignement du français et les meilleures animations culturelles possibles. Et ce grâce aux efforts conjugués de toutes les femmes et de tous les hommes qui ont assumé une responsabilité dans cet établissement : Directeurs, administrateurs, enseignants et fonctionnaires.

Une qualité qui résultait également d’apports et d’appuis de toutes natures, des différents partenaires : Fondation de Paris, ambassade de France, autorités locales, mécènes, établissements d’enseignement Supérieur et Direction régionale de la Culture.

institut1

Et ce sont les changements sociaux, l’évolution économique, pédagogique et culturelle qui ont fini par bouleverser la société autour de cette Alliance : une ville d’El Jadida  devenue cinq ou six fois plus grande qu’elle ne l’était il y a 20 ans, une population et des besoins en services pédagogiques et culturels qui ont évolué et changé, aussi bien quantitativement que qualitativement, alors que le mode de fonctionnement administratif de cet établissement était resté inchangé.

C’est donc dans un souci de restructuration et d’évolution positive, que le Bureau gestionnaire du Conseil d’Administration, avait acquis la conviction de transformer l’Alliance en Institut.

Questionné à ce propos, le président de ce conseil, Mr Ahmed Benhima nous déclara à l’époque :

« Cette transformation comporte d’énormes avantages :

– Un budget revu à la hausse par le ministère des affaires étrangères français.

– Des garanties plus solides (un Institut est sous la responsabilité directe de la France).

– Des spectacles d’une meilleure qualité et que l’Alliance n’avait pas les moyens de mettre à la disposition du public…

Sans oublier que l’ambassade de France ne propose un tel passage (Alliance-Institut) qu’à des établissements parfaitement gérés. »

Pour ce faire, El Jadida avait opéré vers la fin 2011 la mise à niveau administrative qui s’imposait et l’Ambassade de France avait procédé en 2012 à une mise en fusion de la totalité des Instituts au Maroc. Une fusion des compétences et des moyens, qui a pour finalité suprême l’amélioration qualitative et quantitative du travail et des services.

Une manifestation culturelle qui ne se passait que dans un seul Institut, pourrait avoir lieu dans plusieurs. Le but ? Offrir la même qualité des services, de meilleures opportunités et manifestations, des coûts en baisse, des sponsors plus intéressés …

Aussi, rappelons à titre informatif, que si l’Alliance est une association gérée par un Conseil d’Administration au pouvoir décisionnel et obéissant au droit local, au sein d’un Institut, ce conseil n’a qu’un pouvoir consultatif auprès de l’ambassade, seule qualifiée à prendre les décisions finales.

Une transformation qui a réussi, à ses débuts en 2012, à métamorphoser le champ culturel régional, au point d’en faire l’un des plus animés sur le plan national. En témoigne tous ces articles de presse qui en ont fait l’écho et l’éloge.

Malheureusement, au fur et à mesure que les années passaient, les prestations laissaient à désirer. Parents et enfants, amoureux de la langue de Molière, tournaient de plus en plus le dos à cette institution. Pourquoi ? Pourquoi cette brusque dégringolade ? Pourquoi, même la qualité des cours de français donnés  au sein de cet organisme et qui étaient une référence dans la région,  ne sont plus qu’un lointain souvent ? Pourquoi augmenter les   prix des cours, alors que la qualité de l’enseignement et celle de certains enseignants engagés, a significativement chuté ?

Un vide, vite exploité par certaines écoles privées, où tout semble avoir été fait, pour que les meilleurs professeurs y soient engagés et les meilleurs cours donnés aux élèves.

Vrai que depuis l’arrivée du Directeur M. Damien Heurtebise, la qualité des écrivains, artistes-peintres…invités par l’Institut, s’est beaucoup améliorée. Mais beaucoup de choses restent à améliorer pour redorer le blason de cet Institut dans la région.

On a fait un micro trottoir auprès des anciens habitués de l’Institut, en voici ce qui en ressort :

-Offre de cours inadaptée aux élèves et un contenu loin de la réalité du terrain.

-Des prix excessivement élevés.

-Les classes de cours manquent affreusement de matériels et sont froides. Les enfants gèlent en hiver, surtout que la majorité des cours sont donnés le soir.

-Les tests de positionnement sont payants.

-Une sélection d’enseignants non qualifiés.

-Une bibliothèque qui manque affreusement de livres ou avec des livres datant des années 80,  sans aucune technologie, PC…

-Un coin de lecture pour nos enfants, devenu un refuge pour des retraités qui s’y adonnent au bridge.

-Une cadence des événements, mal gérée et annulations de dernière minute.

-Lancement d’un grand projet l’Usine de films amateurs de Michel Gondry, à la colonie de vacances de l’OCP, sans invitation aux médias et un numéro de téléphone erroné sur les affiches.

– Annulation de la francophonie, emblème d’un Institut.

-Une exposition de grande ampleur, insignifiante sans vernissage, sur la cop21 et sous forme de papier sur des tableaux de classe à la fac.

-Les enfants ont pour animal de compagnie les gros rats qui infestent le jardin.

-Un service qui donne l’impression d’être géré par des gosses.

-Absence  d’accueil téléphonique ou avec un niveau très bas en français, massacrant, au passage, la langue de Molière, ce qui indigne d’un Institut…

Et  c’est donc avec nostalgie et  pincement au cœur, suite à cette kyrielle de reproches, que nous voyons ce  fleuron d’hier (Alliance), sombrer aujourd’hui, dans les abysses de la dégradation et de l’oubli.

 

Related posts

One Thought to “El Jadida : la qualité des prestations proposées par l’Institut Français en constant déclin”

  1. El Fadli

    Des allégations basées sur un micro trottoir?!!!

    Comment peut-on dénicher des anciens habitués de l’Institut au milieu des passants et leur demander leurs avis. A moins d’avoir un flaire infaillible pour détecter les sois disants insatisfaits des préstations culturelles de l’Institut, je ne vois pas comment vous vous y êtes pris.
    Faire un article sur des on dit ne peut en aucun cas refléter le professionnalisme d’un journaliste, surtout que certaines informations sont erronés telle l’annulation de la journée de la francophonie.
    Un véritable journaliste d’investigation mène son enquête de manière minutieuse au sein de l’organisme, sujet de son enquête.
    Avez-vous demandé l’avis des bénificiaires des services fournis par l’Institut?
    Avez-vous au moins contacté un seul membre de l’administration afin d’étayer vos informations?
    Quant à votre commentaire sur les fameux GROOOOS RATS? On se croirait carrément dans « La peste » d’Albert Camus.

    C’est donc aussi avec nostalgie et pincement au cœur pour nous citoyens marocains, suite à un tel article diffamatoire, que la libéralisation de notre champ médiatiatique se voit envahit d’allégations basées sur des Commérages malveillants et sans fondement, plutôt que de mener une enquête responsable.

    Je vous serai gré de publier mon avis concernant votre article si la liberté d’expression et le droit de réponse existe réellement au sein de votre support médiatique.

Répondre à El Fadli Annuler la réponse