El Jadida-DHJ : Et si on parlait argent ? Les non-dits d’une gestion loin d’être transparente

Si l’on s’intéresse au sponsoring, on a vite fait de constater le flou qui entoure souvent cette activité, qui est accentuée par le manque de statistiques et la confidentialité régissant certains contrats entre sponsors et sponsorisés, sachant que les contributions des sponsors peuvent atteindre parfois le tiers du budget de fonctionnement d’un club.

Si l’on considère la contribution qu’offre le groupe OCP au club DHJ, qui atteint jusqu’à 30% du budget de fonctionnement global annuel du club jdidi, (estimé à environ 40 MDH), ajoutée au montant de l’accord de partenariat, non négligeable, signé avec le Conseil Communal, le club devrait s’en sortir et parvenir à gérer amplement ses finances.

Cependant, nul n’ignore que ces budgets ne sont pas toujours soumis à un contrôle rigoureux.

En effet, si en vertu de la loi relative aux subventions publiques allouées aux clubs de sport, le club est tenu de fournir aux autorités les preuves des dépenses effectuées dans le cadre de ces subventions, et de mettre à la disposition de l’administration tous les documents financiers et comptables justifiant ces dépenses, il n’en est pas de même pour les dépenses enregistrées dans le cadre des subventions privées, qui sont volontairement rendues floues par les instances responsables.

Ces instances responsables de la gestion du club, ont longtemps justifié les mauvais résultats du club par la crise financière, et que le fait d’injecter de l’argent permettra à celui-ci de s’imposer sur le plan national, pour ne pas dire continental.

Mais le temps a démontré que malgré les millions de dirhams investis, les résultats n’ont pas pu suivre lors de la dernière saison, ce qui prouve amplement que le manque de clairvoyance des dirigeants du club est visiblement la cause de tous ces disfonctionnements.

De plus, ce qui se ressent, malheureusement, à travers les « ventes /achats » de joueurs à chaque début de saison, confirme les limites de la gestion et met toujours en relief le déséquilibre financier résultant essentiellement de la dette envers les joueurs non régularisés suite aux différentes transactions les concernant.

Inutile de rappeler qu’Abdellatif Al Mouqtarid, n’a pas tenu ses engagements envers certains joueurs qui attendent toujours leurs chèques de régularisation. Le DHJ traîne une multitude de litiges avec d’anciens joueurs qu’il lui est difficile d’honorer.

Il faut rappeler que lors d’une visioconférence organisée en mars 2021 El Mouktarid avait déclaré que concernant la crise financière que traverse le DHJ, les ressources du club seront diversifiées dans le but de renflouer les caisses, mises à rude épreuve par les restrictions imposées par la pandémie, dont l’obligation pour les clubs de jouer à huis clos et donc de se priver de l’importante manne apportée par la billetterie. Une crise également due à la suspension des subventions habituellement accordées au club par les communes d’ El-Jadida, Moulay Abdellah, Hawzia…et le Conseil provincial.

Des arguments qui ne peuvent certes pas être vérifiés.

Certes, la question de la gestion financière des clubs sportifs est l’une des grandes inconnues de l’équation du sport national, et celle du club jdidi est encore plus compliquée à cerner et souffre de certaines « faiblesses » qui, malheureusement, semblent être volontaires.

 Et si l’on tente d’évaluer la gestion financière de ce club, on a vite fait de constater les dégâts engendrés par une gestion loin d’être transparente, et qui ne peut que conduire à une faillite financière certaine.

En effet, en l’absence d’un contrôle rigoureux, on ne peut espérer un redressement financier du club jdidi, qui continue à répondre à cette « règle » qui arrange certains gestionnaires, et qui fait que « les coûts » sont publics du fait qu’ils gonflent les dépenses, mais que les gains demeurent privés, et surtout, très confidentiels, afin d’enrichir certains autres.

On ne peut, certes pas, se voiler la face et ignorer tous ces disfonctionnements qui dénotent d’un manque de clairvoyance des dirigeants de ce club.

Il serait donc temps que les gestionnaires de ce club jouent franc jeu, en cette saison qui semble démarrer sur les chapeaux de roues pour le DHJ qui semble avoir retrouvé son énergie et sa résolution à confirmer fortement sa présence en tant que grand club.

Khadija Choukaili

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