El Jadida, désespérément une ville poubelle, encore, et toujours…

Nous avons tous envie d’une ville agréable à vivre, et ce sentiment dépend de multiples facteurs : des rues nettes et propres, des parcs et des jardins entretenus, des lieux de quiétude et de contemplation, des paysages agréables dont l’élément esthétique le plus important est la couleur verte.

 Cette dernière,  apaisante et agréable pour les yeux, ne peut être constituée que par la beauté des plantations, la diversité des fleurs et des arbres, et dans un espace de détente, idéal pour les promenades à pied, une aire de jeux pour les enfants et de sérénité pour les plus grands.

En outre, l’impact sur la santé est fort considérable et non négligeable. C’est une source de bien être aussi bien pour les riverains que pour les visiteurs, et un moyen d’évacuer le stress du travail qui est, généralement, ce qui importe le plus en ville, pour laisser place aux loisirs, à la détente et au sport dans un espace idéal pour l’épanouissement, la relaxation.

 Il s’agit tout simplement et sans jeux de mots d’une bouffée d’oxygène. Il donc primordial de bien s’occuper de l’entretien de cet espace vert .

Mais hélas, et trois fois hélas !! A El jadida,  les temps ne sont plus aux splendeurs auxquelles nous étions habitués dans nos jardins et nos parcs, quand des arbres et des essences rares les ornaient,( araucarias, dragonniers, eucalyptus ..) quand des pergolas aux massifs et  parterres fleuris harmonieusement disposés embaumaient l’atmosphère.

 Cette ère est bel et bien révolue.

Aujourd’hui, on  ne peut que se lamenter de l’ état de dégradation qu’ils connaissent.

 Une réalité hélas frustrante pour le parents et pour les  enfants. La monotonie, la lassitude, le chaos et la saleté ont gagné ces lieux. Il suffit de traîner les pas pour aller prendre un bol d’oxygène pour être frappé de plein fouet par ce triste  constat. Nos parcs ressemblent plus à des cimetières ou à des décharges publiques qu’à des espaces verts sollicités par des enfants en vacances.

 Elle est bien loin cette allégresse qui nous gagnait avant quand nos pas foulaient l’entrée des parcs de la ville.

Aujourd’hui, force est de constater que ces lieux sont devenus délabrés, tristes et sales. Les signes du temps, de la négligence et de l’indifférence les ont envahi, alors qu’ils devraient être accueillants, verdoyants, et animés.

Dans ce contexte, on ne peut que déplorer l’état de délabrement du jardin Abd El Krim al-Khattabi , ex Gallieni , ya hassra premier jardin public moderne de la ville. Son aire s’est transformée en décharge publique, et dès l’entrée, les visiteurs sont accueillis par l’affligeant spectacle des montagnes d’immondices qui jonchent le sol à côté des conteneurs , d’autant plus que ce jardin,  considéré comme le poumon vert du quartier pour les riverains, est devenu un point noir infréquentable de nuit étant squatté par les clochards alcooliques et les sans-abris.

 Malheureusement, le quotidien de ces résidents est empoisonné par la dégradation effrénée de leur cadre de vie, et la mort dans l’âme, ils sont contraints , tout comme d’ailleurs tous les habitants de la ville qui fut jadis belle et propre, de composer avec l’insalubrité générée par les incivilités des uns d’une part, le forfait des agents de nettoiement et la démission des services communaux préposés à la protection de l’environnement d’autre part.

 Perdurant depuis un certain temps, cette situation renseigne sur le laisser-aller de la municipalité, qui ne se  soucie guère du bien-être des citoyens. Directement impliqués dans ce marasme écologique, ces derniers ne sont pas exempts de tout reproche d’ailleurs..Il semble bien que tout le monde  oublie que l’hygiène est à la fois une éducation, une culture et un état d’esprit, car le problème de la propreté c’est le vivre ensemble qui  fonctionne mal et qui donne lieu à toutes ces incivilités.. sans oublier que la propreté est la priorité de l’action municipale.

Et les gestionnaires en charge de cette action sont les premiers  responsables de la mauvaise posture dans laquelle se morfond la ville nouée dans la crasse, et dont les habitants désespèrent de la voir sortir de sitôt de l’auberge.

Khadija Benerhziel

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One Thought to “El Jadida, désespérément une ville poubelle, encore, et toujours…”

  1. Loura

    Quand je vois ces montagnes putréfiées, je comprends l’absence des touristes étrangers.
    Quant aux touristes locaux, les ordures en eux ne les déplaisent plus.
    Le ministère de l’urbanisme est sous la tutelle du ministère de l’intérieur, alors à qui en revient le blâme et la responsabilité?
    On dit « c’est la loi qui fait la morale et la civilité.
    À Eljadida, il n’y a ni loi ni civilité il n’y a que le laisser faire sous les regards passifs du ministère de l’intérieur.

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