El Jadida : Compagne contre les squatteurs de l’espace public

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Par: Khadija Chukaili

La question du squattage de l’espace public à El Jadida est posée depuis plusieurs années. Les tentatives de sa libération se multiplient. Elles se suivent et se ressemblent du fait qu’elles ne donnent pas d’autres alternatives à ces commerçants ambulants. Une solution de rechange qui permet de leur assurer un revenu en mesure de subvenir à leurs besoins.

Certes, ces espaces sont occupés de manière illégale et créent une anarchie qui se traduit par une perturbation de la circulation aussi bien des véhicules que des piétons, une pollution due à l’amoncèlement de tous ces détritus laissés en fin de journée et qui donne un réel spectacle de désolation tel un champ de bataille déserté précipitamment.

En ce mercredi 23 janvier, les autorités de la ville ont encore une fois entamé une campagne de libération des boulevards El Hansali et Zektouni. Une délégation constituée des présidents des arrondissements (2ème, 3ème et 7ème), des membres de la police administrative relevant des services communaux d’El Jadida, et des forces auxiliaires, s’est rendue sur les lieux afin de mener une action d’évacuation des commerçants ambulants qui envahissent ces espaces.

Malheureusement, les autorités ont été confrontées à la résistance de ces marchands ambulants mais également à celle des propriétaires des locaux commerciaux qui utilisent les trottoirs pour exposer leurs marchandises.

Des slogans ont été clamés par ces citoyens qui se croient dans leurs droits, surtout que plusieurs d’entre eux affirment détenir des autorisations d’exercer ce commerce ambulant, délivrées par les anciens Conseils Communaux.

Ces autorisations seraient valables du fait qu’ils n’ont reçu aucune décision les annulant. De plus, ces marchands avancent que les espaces qui seraient réservés à leur délocalisation ne conviendraient pas à leur commerce. Ils affirment, par ailleurs, qu’ils ont été victimes de machinations des campagnes électorales de la part d’élus qui leur avaient promis monts et merveilles.

Il faut reconnaitre que ces commerçants, dont la majorité sont des jeunes, peinent à trouver un emploi en cette période de crise économique où la population souffre du coût élevé de la vie, et de la baisse du pouvoir d’achat de la classe communément appelée classe moyenne.

Que dire alors de la classe du bas de l’échelle? Ces jeunes particulièrement vulnérable, souffrant du manque d’activité et surtout de l’absence de l’opportunité de disposer d’un travail qui leur préserverait un semblant de dignité et leur offrirait un revenu qui pourrait leur procurer la sécurité dont ils ont besoin.

Il est légal que les autorités cherchent à organiser les espaces publics de la ville et à veiller à son développement. Cependant, ces espaces ont été trop longtemps envahis, et ces jeunes peinent à trouver des solutions de rechange. Ce phénomène de «ferrachas» et de commerçants ambulants devrait bénéficier de l’établissement d’une stratégie, à moyen terme, en mesure de planifier des solutions capables de l’éradiquer tout en proposant à ces jeunes des moyens de subsistance qui préservent leur dignité.

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