El Jadida : Ces grands projets inachevés… qui ne seront peut-être jamais terminés

Se peut-il qu’une ville comme El Jadida qui dispose de tous les atouts pour être l’une des villes les plus développées du Royaume dispose d’un marché de gros de fruits et de légumes qui n’a d’une structure commerciale que le nom ?

Se peut-il aussi qu’au 21ème siècle on puisse trouver un hôpital, provincial de surcroît, à proximité d’un marché de gros ?

Une situation qui perdure depuis une dizaine d’années sans qu’aucune issue ne semble pointer à l’horizon, bien que les autorités continuent à envisager la délocalisation de ce marché après tant d’années.

Il faut noter que la construction du marché de gros de My Abdellah où doit être délocalisé celui d’El Jadida est terminée depuis plusieurs mois, sous la supervision effective du Gouverneur qui avait fixé une date buttoir pour la fin des travaux, afin que le transfert puisse avoir lieu dans les meilleurs délais.

Une décision de transfert qui se fait longuement attendre, et qui, avouons-le, amputerait la Commune d’El Jadida d’un budget important qui constitue des profits qui, jusque-là, renflouaient sa trésorerie, pour les offrir sur un plateau d’argent à une autre Commune et n’en tirer que 40% des recettes ; sans perdre de vue que cette délocalisation coûterait au personnel travaillant au sein du marché, des désagréments en termes de perte de temps et de frais de déplacements.

Il faut rappeler que le lancement de ce marché de gros et son aménagement date du 1er juillet 1991. Il a été réalisé sur une superficie de dix hectares et disposait de plusieurs structures conçues pour organiser les transactions commerciales dans les meilleures conditions.

Malheureusement, (ou heureusement pour le secteur de la santé), ce marché de gros a été amputé de sept hectares qui ont été concédés pour l’édification de l’hôpital Provincial Mohammed V, et devait être transféré à My Abdellah après seulement quelques mois. Un projet de délocalisation qui n’a jamais vu le jour.

Notons également que pour l’édification de l’hôpital, plusieurs structures relevant de l’enceinte du marché de gros ont dû être démolies telles que la partie qui devait accueillir le marché de volailles, ou encore l’aile réservée aux transactions des cargaisons de camions de fruits et légumes qui transitent généralement par ce marché. Des structures qui ont malheureusement été démolies avant même le lancement de leurs activités en tant que nouvelles zones relevant du marché de gros.

Aujourd’hui, le citoyen constate, impuissant, que ni le marché de gros, ni l’hôpital Mohammed V ne sont à 100% fonctionnels, puisque l’un ne dispose que d’une superficie de trois hectares malgré les 5000 personnes qui y transitent quotidiennement ; alors que l’autre est resté inachevé, et continue de souffrir de la pollution et des désagréments causés par un marché de gros à proximité, où l’activité commerciale débute à l’aube, à un moment où les patients hospitalisés ont besoin d’un repos absolu, toujours interrompu par le bruit tonitruant des moteurs et des klaxons des véhicules des commerçants.

Il est certain que sur le plan économique, ce transfert ne peut bénéficier qu’à la Commune de My Abdellah. Mais il semblerait que les autorités locales voient cette délocalisation de points de vue différents et nul n’est en mesure de comprendre ces arguments qui ne sont nullement basés sur un raisonnement objectif.

Au niveau régional, une réunion a eu lieu à haut niveau et une solution a été tentée par une éventuelle proposition de construction d’un marché au niveau de la Commune de Had Soualem et un autre au niveau de Laghdadra pour atténuer la pression sur le marché d’El Jadida où les transactions commerciales se font dans conditions insalubres. Mais aucun  de ces projets n’a encore été concrétisé.

En attendant que les autorités puissent prendre les bonnes décisions qui mettent les intérêts du citoyen au-dessus de toute autre considération, les patients hospitalisés devront s’armer de patience et continuer à supporter cette situation bien qu’insupportable.

Quant au marché de gros, il serait grand temps de réfléchir à une solution qui joindrait l’utile à l’agréable. L’utile qui se traduirait par la réalisation d’un projet de marché de gros au sein de la ville pour ne pas amputer la commune d’un budget important ; et l’agréable qui se concrétiserait par la réalisation d’une structure répondant aux normes en vigueur, et mettrait fin au calvaire des usagers qui y passent leurs transactions dans des conditions infernales, surtout en ces temps de pandémie où il serait judicieux de penser à la distanciation et aux mesures barrières.

Une solution idéale qui permettrait enfin de procéder à l’extension de l’hôpital Mohammed V et de soulager la pression aussi bien sur le personnel que sur les patients.

Khadija Choukaili

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