L’histoire remonte au mois de septembre 2019.  La victime, âgée alors de 36 ans et travaillant dans un centre d’appel de la ville, ressent un malaise et se dirige vers l’hôpital Mohammed V pour y recevoir les soins adéquats. Mais devant l’indifférence du personnel, en permanence ce soir là, Ayoub pique une crise de nerf et se mis à crier de plus en plus fort pour  demander de l’aide.

Croyant qu’il ne s’agit là que d’un numéro joué par le jeune Ayoub (asthmatique), le personnel appelle la police.

La police, pour une fois, ne se fait pas attendre et arrive illico pour  arrêter, le jeune Ayoub qui ne demandait qu’à recevoir l’aide nécessaire avant de rentrer chez lui.

Devant son refus de rentrer dans la geôle, comme un vulgaire criminel, lui qui ne demandait que de l’aide et des soins,  l’officier lui asséna un coup sur la tête pour le faire rentrer de force. Et c’est ce coup qui a été fatal au jeune Ayoub.

Les caméras se trouvant sur place ont filmé toute la scène. Et les enquêteurs dépêchés de Casablanca, sur demande du procureur du roi de la chambre d’appel, relevant  de la cour criminelle de première instance, ont tout vu et tout supervisé.

Quant au corps de la victime, il a été transporté à l’hôpital 20 août pour autopsie.

Ce mardi 20 octobre, c’est ce même officier  qu’on vient de juger et qui écopa de 20 ans de prison ferme, selon les articles 403 et 231. Tandis que le deuxième officier écopa d’une année de prison ferme pour non assistance à personne en danger, selon les articles 430 et 431.

Ce meurtre qui avait soulevé la compassion de la population d’El Jadida aurait dû (et pu) être évité si chacun, de son piédestal, avait eu l’humilité et la conscience de simplement s’acquitter de sa mission comme il se doit.

Un fait divers, car des « Ayoub », il en meurt tous les jours au sein de nos hôpitaux, soit par négligence, ou par manque de moyens humains ou matériels.

L’hôpital Mohammed VI est certes l’une des rares structures hospitalières publiques qui répond aux normes en vigueur, mais malheureusement, tous les citoyens s’accordent sur le fait qu’il laisse beaucoup à désirer sur le plan de l’accueil et de la gestion des ressources humaines et des patients, obligés d’attendre des heures pour une simple consultation.

Et que dire de la sécurité au niveau de la ville. Ce drame qui a coûté la vie au jeune Ayoub à la fleur de l’âge dévoile encore une fois, si besoin est, les pratiques qui sévissent encore au sein des structures policières. Un uniforme qui délègue un pouvoir à un fonctionnaire présumé au-dessus de tout soupçon, et un présumé coupable qui n’a que sa parole pour se défendre, si toutefois il est encore capable de parler.

Des défaillances à la pelle qui se traduisent par le non-respect des procédures tel que cela s’est produit pour le jeune Ayoub qui n’aurait jamais dû se retrouver en mise en garde à vue, vu son état de santé. Il s’était rendu à l’hôpital car son état de santé exigeait une assistance médicale urgente. On assiste tous les jours à des plaintes pour agression physique à l’arme blanche et pour lesquelles les agents de police ne se déplacent pas sans qu’il y ait blessures. Et quand on parle de blessure, il faut entendre des cas où la victime est grièvement atteinte et sa vie est en cause, nécessitant une intervention médicale urgente.

La vie humaine n’a-t-elle donc pas d’importance au vu des autorités sécuritaires ?

Il est vrai qu’un certain règlement régit les déplacements des agents de la Sûreté Nationale, mais encore faut-il que l’on puisse discerner les cas où la présence de l’autorité sécuritaire est exigée d’urgence.

Que de femmes victimes de violence conjugales l’ont payé de leur vie pour non intervention de la police ? Que de citoyens impuissants devant des agresseurs à l’arme blanche ont perdu ce qu’ils avaient en leur possession ?

Est-il utile de rappeler tous ces jeunes délinquants qui posent devant des Smartphones fiers de brandir leurs poignards et leurs sabres et qui sont quotidiennement partagés sur les réseaux sociaux ?

N’est-il pas temps de s’atteler à cette lourde tâche de remettre de l’ordre à El Jadida où il faisait bon vivre ?

Il est du devoir des autorités sécuritaires de redonner à cette ville sa sérénité d’antan et de permettre aux citoyens de se sentir protégés et en toute sécurité dans leur ville bien aimée.

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