N’est-ce pas une honte que de voir tous ces déchets débordants et à même le sol au niveau de ce centre-ville dont s’enorgueillissaient les jdidis, en plein milieu d’une artère mythique de la capitale des doukkalas ?

Un spectacle désolant dans plusieurs rues et boulevards de la ville, où sacs plastiques éventrés, bennes à ordures surchargées ou carrément renversées, qui ne semble plus choquer.

Une situation qui n’est pas sans véhiculer une triste image d’une ville qui fut surnommée le Deauville marocain. Cette grande défaillance au niveau de la collecte des ordures ménagères est à l’origine de nombreux problèmes qui se répercutent négativement sur la propreté de la ville et la santé des citoyens.

Certes les déchets et ordures qui jonchent la ville d’El Jadida n’est plus un sujet tabou. Tout le monde se lamente et incrimine les communes de ne pas accomplir cette mission qui leur incombe, celle de veiller à la propreté et à la salubrité de ville.

Mais ce qui semble échapper à tous c’est que si les ordures jonchent les rues, c’est aussi parce que les citoyens s’en débarrassent anarchiquement. Entre manque de civisme et perte de confiance en l’Etat, on ne cesse d’assister à un débat durant lequel chacun jette la pierre à l’autre.

Mais si l’on pousse l’analyse un peu plus loin, et si l’on remonte un peu plus dans le temps, on constate que cet état de choses a débuté durant les années 80, quand la région a entamé son ascension vers l’industrialisation, et a commencé à connaitre une véritable expansion économique suite à  la réalisation du grand port de Jorf Lasfar.

Une expansion qui a fortement contribué à l’accroissement de la population, et qui a amplifié le phénomène d’exode de citoyens en provenance d’autres villes avoisinantes à la recherche d’une amélioration de leur niveau de vie. Cet accroissement de la population s’est nécessairement accompagné d’un autre accroissement bien moins pris en considération, celui des ordures ménagères.

Mais ce phénomène ne se limite pas seulement à ces causes, qu’on peut qualifier de directes.

D’autres facteurs sont intervenus pour rendre la situation aussi intolérable dans la ville. Il faut rappeler que la collecte des ordures ménagères se faisait il y a quelques décennies par le personnel et les véhicules des communes urbaines qui collectaient les déchets directement  devant chaque logement où une poubelle attendait chaque matin pour être vidée par les éboueurs des travaux publics. Il était inimaginable à l’époque de voir une benne à ordures, déranger le décor, au coin d’une rue.

Mais depuis l’avènement de l’externalisation de la collecte des déchets ménagers et sa délégation à des sociétés privées, les choses ont beaucoup changées. Certes, cela a été planifié comme étant un grand développement de la gestion communale, qui a été déchargée de cette activité pour une éventuelle amélioration de la salubrité au sein de la ville. Mais malheureusement, les résultats escomptés et tant espérés par la population, n’ont jamais été atteints et la situation n’a fait qu’empirer, transformant cette ville, en une cité ruralisée où l’anarchie règne dans tous ses coins et recoins.

Il va sans dire que le budget colossal attribué à la gestion déléguée de la collecte des déchets ménagers n’a pas profité à la ville qui suffoque plus que jamais sous ses ordures. Mais ne serait-il pas grand temps de remettre en question ce mode de gestion qui semble non métrisable par ces sociétés qui se sont relayées depuis des décennies pour s’acquitter convenablement de cette tâche sans jamais parvenir aux résultats escomptés ?

Il faut se rendre à l’évidence et s’avouer vaincu, car si la ville croule sous les déchets, c’est que le système de délégation de cette gestion comporte des failles.

Le constat est donc clair que ce mode de gestion, pour quelque raison que ce soit, et même ayant connu un large succès sous d’autres cieux, s’avère inefficace dans notre ville et connait un véritable échec. Il suffirait, aux moins convaincus, de faire un petit détour dans les différents quartiers de la ville, pour en avoir le cœur net.

Khadija Choukaili

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