Driss Kiskes : « Les artistes sont parfois les Séismographes de la société »

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 L’Institut français d’El Jadida vient d’organiser une rencontre littéraire avec Driss ksikes autour de ses deux ouvrages : « Le métier d’intellectuel » et « L’homme descend du silence », le vendredi 21 octobre à 19h au Pullman Mazagan Royal.

Mais  au-delà de « l’homme descend du silence », un  récit  structuré en quatre livres ksikess(comme dans les vieux textes) et reconfigurant la trajectoire d’un homme, journaliste, passionné de théâtre, tiraillé entre colère et espoir, dans le monde chaotique d’aujourd’hui.  Un homme qui est, d’un livre à l’autre, face à la mer; face au vacarme; face aux inventaires; puis, face à l’inconnu.

Un récit en fragments et relié par des points de suture textuels.

D’ailleurs le dernier livre de l’auteur marocain est une tentative de réinventer le récit littéraire, avec un emboîtement d’histoires ayant valeur de promesses de fiction. Pas d’histoire qui s’achève mais les lignes de fuite qui se dessinent et laissent au lecteur le soin d’en compléter le dessein.

ksikes12Et au-delà de l’ouvrage  « Le métier d’intellectuel », qui consiste en un dialogue avec quinze penseurs marocains, et  destiné à « aider les citoyens à comprendre les enjeux politiques, économiques, sociétaux et culturels et à mieux s’orienter dans la sphère publique » au Maroc. Un ouvrage qui  intervient sur les conditions de travail actuelles des intellectuels marocains, leurs idées phares et leurs conceptions de la cité…

Nous avons profité de la pause-café pour poser  quelques questions à Driss Ksikes, en voici le contenu…

-Théâtre, roman ou journalisme, lequel a votre préférence ?

Je suis une personne qui fonctionne par multiplication et non par soustraction. Si je milite pour que cesse l’autoritarisme politique, ce n’est pas pour qu’on y instaure à la place un autoritarisme culturel.

– Quelles différences et quelles similitudes entre  Driss Ksikes le chroniqueur et  Driss Ksikes le romancier ?

-En tant que chroniqueur, j’évoque un  point précis, concis et  lié à l’actualité. Je suisDriss-Ksikes1  responsable de mes écrits, d’où le travail d’investigation que je m’impose à chaque fois que je juge cela nécessaire. Je  pousse le recoupement jusqu’au bout en évitant les jugements stéréotypés, les informations données par des personnes intéressées…

Et si je ne fais pas de concessions sur certains principes comme la justice, la liberté…je travaille généralement sur la nuance, car  la vérité n’est pas une, mais plurielle.

Quant  au roman, seule  l’alchimie du verbe compte pour moi. Et contrairement à ce que croient certains, mon but n’est nullement  de changer les choses, mais d’en parler et d’en débattre. »

 – Théâtre et roman représentent-ils une échappatoire pour le chroniqueur engagé que vous êtes et qui trouve là une nouvelle opportunité pour passer subtilement certains messages ?

– Non. Dans certaines de mes  pièces de théâtre, on m’a aussi taxé de faire du théâtre engagé. La façon dont on fait passer un message peut différer certes, mais sur le principe, je reste fidèle à moi-même et à mes opinions.

Cependant, ce que j’appréhende le plus, ce ne sont pas les critiques à mon encontre, mais surtout l’indifférence à l’encontre de ce que j’écris.

L’artiste a besoin de capter votre attention, de vous sentir à l’écoute. C’est parfois  un séismographe : le premier à sentir les failles au sein de la société.

Vous considérez-vous comme l’un de ces séismographes ?

(Rire) Non, pas exactement.  Et d’ailleurs, est- ce  à moi de le dire….

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De G à D: Driss Tahi, Abdellah Hanbali, Driss Ksikes et  Aboulkacem Aboufariss

Photo: Badou

 

 

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