Départ de David Cameron : Une leçon pour nos politiciens

HASSAN.TOUR

Par : Ismail Harakat  (espacemre)

Au-delà de l’impact retentissant de la sortie le Grande-Bretagne de l’Union Européenne, tant sur le plan politique qu’économique, il y a une leçon d’éthique que nos politiciens gagneraient à retenir. Ainsi, à l’instant même où les résultats définitifs ont été rendus publics, le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé sa démission. Décision qui été envisagée avant même l’issue du référendum. Dans son esprit, un non à Bruxelles ne pouvait entraîner qu’une démission. Ce qui a été fait dans les règles de l’art et dans le respect total des règles du jeu démocratiques.

Au Maroc, au lendemain des élections municipales de fin 2015, le leader du Parti de l’Istiqal Hamid Chabat a essuyé une déroute dans son propre fief à Fès. Il avait même juré sur les mânes de ses ancêtres qu’en cas de défaite, il allait quitter le PI sans faire de vagues. Et pourtant, en dépit de son échec cuisant, l’homme qui a été à la tête de la plus prestigieuse ville du pays, de l’Union générale des travailleurs du Maroc et du plus ancien parti du Royaume, a préféré s’accrocher dans un mépris total de l’éthique démocratique. Chahuté jusque dans son propre parti, Hamid Chabat a « stoïquement » résisté face à la grogne interne et dirige toujours une formation politique qui, manifestement a connu périodes plus glorieuses.

Ad Vitam Aeternam

Évidemment, Chabat n’est pas le seul. Depuis l’indépendance du Maroc, on ne compte pas le nombre de chefs politiques qui se sont accrochés au pouvoir contre vents et marées. El Mahjoubi Aherdane, Ahmed Osmane, Mohand Laenser et bien d’autres encore ont entretenu un lien viscéral avec le fauteuil de leader et ne se voyaient jamais dans une situation où ils seraient acculés à le quitter un jour. Deux éléments majeurs expliquent cette addiction au pouvoir dans le cas des politiciens marocains : D’abord, dans l’entourage de ces « leaders » – souvent septuagénaires et au-delà -, il s’en trouve toujours des individus serviles qui leur soufflent à l’oreille que toute la base du parti réclame leur maintien à cor et à cris. Et bien entendu, nos tontons leaders finissent par avaler la couleuvre puisqu’il n’en faut pas plus pour les convaincre de rester au pouvoir. Deuxième élément : le décryptage des signaux émis par les vrais cercles de décision et qui constituent un indicateur puissant quant à la bénédiction ou malédiction dont ils sont entourés.

Dans les pays à tradition démocratique, il n’y a pas de signaux qui vaillent! Un échec est un échec et une fois que les résultats tombent, le leader politique, indépendamment de son charisme, en tire toutes les conséquences et quitte la scène pour vaquer à d’autres préoccupations. Cela ne peut que contribuer à le rendre encore plus populaire aux yeux de ses alliés comme de ses adversaires. Voilà pourquoi le départ élégant de David Cameron devrait servir de leçon à nos papys à qui on fait croire chaque jour que Dieu fait qu’ils sont indispensables. Laenser, Chabat, El Omari et compagnie devraient s’en souvenir…

Related posts

Leave a Comment