DE MAZAGAN à EL-JADIDA, L’ACCUEILLANTE……………………………………..par ABDELLATIF CHERRAF Un homme, un lieu

el jadida falora

Il se réclame volontiers de ses maitres qui ont écrit des choses sur Mazagan, sa ville natale, aujourd’hui  EL-JADIDA. Entre autres, Christian  Feucher (MAZAGAN 1514-1956), un autre mazaganais,  Ahmed Chahid, Mostafa Lekhiar(EL-JADIDA-MEMOIRE) et Mustapha  Jmahri…          L’auteur de cet article, né à Mazagan en 1950, a dévoré, durant son adolescence, de nombreux films aux (feus) Paris-ciné  de Mme Dufour, Marhaba, Rif (ex Métropole, Taj). En une semaine, on pouvait voir six films. On ne dépassait guère  la modique somme de 100 rials (5 dirhams) pour tout ce coffret de bons films !

                Pause gourmande

Mahracha :      Cette tartine de ce pain noir constitue le déjeuner le plus commun. Elle peut-être agrémentée de mille manières. Huile d’olive, œufs durs, beurre de ferme, fromage ; tout est bon à étaler sur la mie pour boire son thé à la zizoua aux multiples parfums,  menthe, thym, verveine, absinthe…etc  chez les fils feu Sidi Ahmed alias Fouikhra.

KEFTA : Ces petites boulettes de viande hachée sont un mélange de bœuf et épices. Mais on peut aussi en trouver à la sardine. Elles sont servies, bien mijotées dans un tagine en terre cuite, avec du riz voire choux fleur. Pour la viande, la tomate et des œufs. C’est un plat national dont raffolent les enfants !

Poisson méchoui : Il suffit de vous laisser guidés par votre nez, une fois à proximité du port pour découvrir les chouayas des sardines et d’autres genres de poissons voire crevettes, calamars, poulpes en salade. Au marché français, on peut aussi se régaler de fruit de mer cuit en feu de bois.  

Couscous : Ce plat qui fait la fierté de la cuisine marocaine est à base de semoule, viande et sept légumes. On le sert accompagné du petit lait. Il fait le menu de tous les restaurants et la majorité des maisons,  le vendredi.

Ramadan : En cette période de canicule, beaucoup  de marocains optent pour la fraicheur de cette ville pour y passé le mois de ramadan. Il faut dire aussi que la vie n’est pas chère  et qu’on a pas besoin de transport pour rejoindre la plage et son sable d’or. Que dire le soir de cette balade, juste après « salate taraouihe », le long de la côte, sise en plein centre de la ville !

Son nom : venu  d’un proche du Sultan Moulay Abderrahmane

En 1769, le Sultan Sidi MOHAMMED Ben Abdellah  libéra la Cité Portugaise de ses assiégés…Et ce n’est  qu’en 1820, que le Sultan Moulay Abderrahmane reconstruisit, le mur d’enceinte en autorisant  une colonie  juive de relever les ruines de Mahdouma et de s’y installer. L’embryon d’El-Jadida (la nouvelle) voit ainsi le jour sous la forme d’une petite agglomération…                                                                             En 1956, tandis que le Maroc recouvre son indépendance, Mazagan, après avoir été une cité portugaise, cosmopolite, française, devient marocaine, quatre siècles après sa création. Désormais, elle s’appelle El-Jadida, le nom qu’en 1822, un proche du Sultan, Muhammad b. al-Tayyib, avait donné à la cité mais dont ni les Européens, ni les Marocains eux-mêmes n’avait jusqu’alors fait usage pour la désigner.

Son symbole. Le cheval, le faucon :

El-Jadida, la capitale des terres de Doukkala, organise chaque année le Salon du cheval et le festival de la fauconnerie. Ces deux événements contribuent  amplement au développement  touristique d’El-Jadida. En guise de reconnaissance, on a dressé, juste au premier rond-point, à l’entrée de la ville par Azemmour : une grande stèle décorée de,  5  chevaux en plein galop et  un faucon qui plane, accueillent les touristes, nationaux et internationaux. L’autre statue, la grande tête d’un cheval, arabe-barbe,  perchée sur une colline fleurie, repaire de l’hippodrome Lalla Malika.

Sa tradition. Les chevaux

L’unique hippodrome de Lalla Malika date du temps du protectorat. Plus exactement, quand Mazagan est devenue  ville française (1906-1956) ! Aujourd’hui on dit, qu’à El-Jadida, la moitié des citadins savent  monter à cheval. Ne parlons pas de son élevage à travers les terres de doukkala. L’étalon arabe-barbe est une institution, ici. D’ailleurs on organise chaque année Le Salon du cheval à El-Jadida. La population du royaume y amène ses enfants pour découvrir et  monter les différentes races de chevaux dont, le petit cheval, le poney  reste  la vedette, n’a rien d’une exception. La ville aime le cheval. On parle de la construction d’un Salon du cheval sur deux hectares à l’entrée de la ville !

Côté architecture :

En 1912, les autorités françaises avaient décidé que la capitale économique du Maroc sera Casablanca. L’avenir de Mazagan sera autre. Alors urbanistes, architectes et ingénieurs planifient  l’extension de la cité. Les français vont donner à Mazagan l’aspect d’une ville française. Une ville qui se construit et s’active. Une ville qui exprime un sentiment de douce prospérité et de tranquille bonheur. Une ville qui va apprendre, plus que deviner, que le protectorat devait avoir fin…                    Peu à peu, la ville nouvelle prend forme autour d’un noyau central, la place Lyautey et ses abords immédiats, où se concentrent le théâtre, la poste, les bâtiments de la municipalité, des douanes, de la chambre d’agriculture, de commerce et d’industrie, le tribunal, le commissariat de police, la banque d’Etat du Maroc, la compagnie algérienne, le Crédit foncier d’Algérie et de Tunis, des hôtels, des restaurants, des maisons de commerce, un marché couvert, des écoles,  un collège. De la place Lyautey rayonnent de grandes avenues coquettes, larges, que des rangées d’arbres abritent du soleil, des palmiers surtout, car Mazagan est tout de même en terre marocaine.
Enfin, une trace historique, que j’ai découvert, en lisant le beau livre du Mazaganais, Christian Feucher (MAZAGAN (1514-1956). Cette trace me fait comprendre, le pourquoi de l’arrachement des arbres et la plantation des palmiers le long des avenues ! Peut-être que c’est une bonne initiative, comme celle des  araucarias, mais encore, faudrait-il remplacer ces arbres mortes, par des cocotiers le long de la plage ! Le seul bémol de ce beau puzzle d’El-Jadida qui se fait belle de saison en saison. Avec ses poteaux électriques arqués tout blanc marqués d’un filon de lumière bleuâtre, ses chaussées et ses trottoirs bitumés,  sa fontaine  aux flots dansants, au gré des lumières et de musique apaisante, sa plage flamboyante de lumière et de vagues phosphorescentes et ses jardins accueillants, la ville d’El-Jadida, une fois débarrassée de ce chantier  du théâtre, son  lifting sera parfait au grand bonheur de ses habitants et de ses touristes.

Related posts

Leave a Comment