Connaître son patrimoine urbain : une mise au point au profit des jeunes jdidis.

jdi-hotel2

Par: Mohamed Beddari

Si on s’ amuse à poser des questions aux jeunes jdidis de moins de 15 ans sur l’identité et le profil des noms que portent les rues et les artères principales de leur ville, il est certain qu’ils n’hésiteront pas à donner des réponses Justes, losqu ‘ils s’ agit d’illustres personnalités politiques de notre histoire récente. Mais, dès qu’on s’éloigne des noms à caractère géographique — (Alger, Oran, Bagdad, le Caire) ou végétal (Palmier), et que notre regard se tourne vers des noms moins illustres, ou qui remontent à une période moins proche de la notre, la réponse devient moins évidente, d’où la nécessité de procéder à un essai de classification de ces noms pour éclairer notre Jeune génération.

-Noms qui incarnent les dynasties qui ont gouverné le Maroc, soit d’origine tribale (Mourabitoune,Almohades,Mérinides),ou d’origine chérifienne (Idrissides,Saâdiens,Alaouites).Noms aussi de leurs fondateurs (Youssef ibn Tachfine-Ibn Toumert) .Noms également de certains de leurs grands sultans (Abou Inane Al Marini-Moulay Hassan-Mohamed cinq-Hassan deux)
-Noms des anciens dignitaires du makhzen, tels que Jirari, Ben Driss, ce dernier exerçait la fonction de Muhtassib, il était chargé du contrôle des marchés, mais son rôle s’ étendait aussi au contrôle des mœurs. On peut citer aussi Trii, mais il faut préciser que le nombre de ces dignitaires n’était pas très important car Mazagan ne pourvoyait pas le makhzen en cadres administratifs, comme c »était le cas de Fès, Marrakech, ou Rabat- Salé.
-Noms qui se rapportent á la présence étrangère, on peut les répartir en deux périodes
-Avant le protectorat: Il s’agit surtout des commerçants qui se sont installés au Maroc lors de l’ouverture de celui-ci au commerce Européen, et ce, depuis le règne de sidi Mohamed ben Abdallah, et tout au long du dix-neuvième siècle et début vingtième. Ces commerçants sont Venus surtout de France et d’Angleterre, mais aussi, à cause de la proximité géographique, de Gibraltar et des îles Baléares, c’est le cas de Ballestrino et de Brudo (la place actuelle d’El Hansali portait le nom de ce dernier)
-Périodes du protectorat et de l’indépendance: l’autorité d’occupation a complètement francisé les noms des rues et des boulevards de la ville, même les petites ruelles n’y ont pas échappées. Après l’indépendance, on a assisté à un mouvement de marocanisation et d’arabisation de ces noms, (le boulevard Richard Evry devient Hassan II), seules sont conservés des noms de réputation universelle (Pasteur) et d’autres, on ne sait pas pour quelles raisons, comme la rue Laennec.

Noms qui ont en même temps un rapport avec un fait historique et un intérêt toponymique, c’est le cas d’El Mers (derb El Mers) qui signifie (grenier de céréales).Il faut remarquer que le Mers se trouve á côté du port, parce que Mazagan était spécialisée dans l’exportation, entre autres, des œufs et des céréales. D’ailleurs, tout au long du boulevard actuel Mohamed V, et au-delà de la conservation foncière, s’alignaient un ensemble de dépôts appelés(Hri) d’où le nom d’El Heria.
A suivre…

jdi-hotel007

 

Related posts

Leave a Comment