La franco-marocaine Rabiâ Franoux Mokhlesse auteure de « Maine présidente, et alors? » se confesse: « j’ai senti l’ambiance se dégradée au fil du temps, le racisme se banaliser et l’islamophobie devenir une religion populaire en France… »

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Par: Abdellah Hanbali

Rabia MOKHLESSE FRANOUX est née à Fès et a étudié à l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca. Elle a quitté le Maroc en 1999 pour s’installer en France qu’elle a adoptée et qui l’a adoptée. Elle a exposé dans plusieurs villes de France en tant qu’artiste plasticienne et toujours sur des thèmes de société comme la place de l’Homme dans le travail par rapport à l’outil industriel, les révolutions du printemps arabe, la symbolique et la représentation de la Marianne en France (NDLR : figure symbolisant la République Française) avec les mutations de populations issues de l’immigration …

Observatrice attentive des dérives de la société française, elle  dénonce le glissement de la vie politique française vers l’extrême droite, favorisé par la crise économique subie depuis 2007 et le repli communautaire que l’on connait un peu partout en Europe. Cet extrémisme est renforcé par la vision simpliste occidentale de la religion musulmane déformée par le prisme des médias se focalisant sur les attentats et les guerres menées par des islamistes radicaux.

Elle a senti l’ambiance se dégradée au fil du temps, le racisme se banaliser et l’islamophobie devenir une religion populaire en France.

Cela faisait des années qu’elle dénonçait la montée du Front National aidée par les médias, l’absence de réponse des partis politiques traditionnels et le travail de fond que le parti a fait depuis 20 ans et qui commence à payer fortement dans les urnes par un vote non plus de protestation mais d’adhésion.

Les attentats de janvier 2015 ont été le déclencheur de la mise sur papier de cet opus qui nous propose un voyage débutant avec son arrivée en France jusqu’en 2022. Elle évoque sur ces 23 ans ses rencontres romancées et ses réflexions nourries par les autres jusqu’à arriver à un scénario possible pour l’avenir et à imaginer le pire en cas de victoire des idées du Front National. Un « What if » noir qui rappelle les heures sombres des dictatures fascistes du siècle dernier mais l’Homme apprend-il jamais de son propre passé ?

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Malgré le pessimisme que l’on peut ressentir, c’est une source de fraicheur dans le contexte éditorial de beaucoup de politiques et de soit disant penseurs et écrivains se faisant les chantres d’une droite ultra radicale. Une source de réflexion qui, elle l’espère, permettra de regarder autrement le vote extrême et ses dérives potentielles.

 

 

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