Comment les « Mikhala » luttent contre le réchauffement climatique dans notre pays

mikhala

Au Maroc, des milliers de « récupérateurs informels » sillonnent les rues en tirant des charrettes chargées d’une montagne de bouteilles en plastique ou fouillent les décharges sauvages et insalubres. Ces chiffonniers – ou « mikhala », un terme péjoratif en darija – ont souvent mauvaise réputation, mais le succès d’une coopérative pourrait contribuer à changer leur image.

Car ce secteur informel peut jouer un rôle non négligeable pour permettre au royaume de remplir ses ambitieux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), fixés à -13% d’ici 2020. A leur modeste niveau, les « mikhala » trient et recyclent les déchets dans un pays où cette pratique n’existe pas au niveau du consommateur.

La récupération informelle est en général réalisée par des groupes sociaux pauvres avec un faible niveau d’éducation pour lesquels c’est un moyen de survie au quotidien.

Grâce  à la création de coopératives, ces récupérateurs obtiendront enfin le « respect », car ils joueront un rôle important dans nos vies d’un point de vue environnemental et économique. D’abord parce qu’en recyclant, ils compensent les manques de la législation sans coût pour la collectivité.

Et  s’ils ne le faisaient pas, le pays dépenserait plus pour importer des matières premières, comme le carton ou le plastique .

Selon des statistiques du ministère de l’Environnement, les déchets ménagers, qui au Maroc sont à 70% d’ordre organique, engendrent 18% des émissions totales de GES du pays.

Grâce à la création d’une coopérative  » les    Mikhala  seront tous égaux, puisqu’ils auront tous le  même salaire mensuel, entre 2.000 et 3.000 dirhams », affirme  un responsable. « Dans  les décharges sauvages, le fort écrasait le faible », explique ce jeune homme devenu récupérateur après la mort de son père pour financer ses études.

Concrètement, avec la création d’une coopérative, les « Mikhala » ne sont plus des chiffonniers qui parcourent les rues dans la nuit noire, traînant leurs chariots, parfois sur une dizaine de kilomètres, ou qui écument les décharges sauvages sous le soleil ou la pluie.

17 centres  ont déjà été financés par le ministère de l’Environnement, en partenariat avec des communes. L’objectif  est d’éliminer toutes ses décharges sauvages d’ici 2020.

 

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