Chronique de Mustapha JMAHRI… Madeleine Rivière, hier et aujourd’hui

En Juillet dernier, Madeleine Rivière, mon ancienne professeure de français au collège Chouaïb Doukkali à El Jadida en 1964-65, a fêté ses 93 ans. Depuis mars 2020, et suite aux conseils de son médecin, elle vit dans un Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes, près de Narbonne.

Madeleine Rivière, Mado pour les intimes, est née au Maroc et précisément à Casablanca. Son père exerçait à Tamanr et Idda ou Tanane en tant qu’officier des affaires indigènes avant de prendre sa retraite. Arrivée à El Jadida en 1960, elle a d’abord enseigné à l’école Foch des garçons, Al Moukaouama, sous les directives de Marcel Ratel, avant de regagner le collège Chouaïb Doukkali dès sa création dans son nouveau bâtiment édifié en haut du Plateau. C’était alors les belles années du collège du temps de son directeur Si Ahmed Hattab et du surveillant général Si Abdeslam Abbadi

Madeleine Rivière était appréciée dans l’établissement par ses élèves marocains et aussi par ses confrères au travail. Elle avait la particularité de faire aimer la langue et la littérature française à ses jeunes élèves, en majorité de familles modestes. Par son approche douce, humaine et conviviale, elle faisait adhérer les élèves à son cours. D’autant qu’elle les considérait comme s’ils étaient ses propres enfants. Sa démarche, à l’intérieur de l’établissement comme à l’extérieur, était toujours la même : tendre et communicative. Je me rappelle qu’on allait à sa rencontre à chaque fois les dimanches lorsqu’on la rencontrait près du marché. Nous, ses élèves issus de la banlieue, nous avions un autre privilège et non des moindres, nous guettions M. Olloix, le père de notre professeure, lorsqu’il passait par la route de l’aérodrome. Nous l’abordions pour lui parler un moment. A la longue, il savait qu’on allait l’attendre près de là où l’on habitait aux abords du terrain d’aviation.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Mado à plusieurs reprises en France.  Avec mon épouse Kebira, Mado et son compagnon Jean-Louis Morel nous hébergeaient chez eux à Narbonne lors des assemblées générales de l’amicale des anciens de Mazagan. Nous étions parfois une douzaine de personnes chez elle et elle nous recevait toujours avec le sourire et beaucoup de dynamisme. Autant de jours inoubliables que nous avons passés ensemble.

Aujourd’hui handicapée par l’âge et la maladie, elle vit dans cet EHPAD à Ouveillan, village dont le maire est un ancien élève de Jean-Louis Morel. Tous les jeudis, elle reçoit la visite de son compagnon. Jean-Louis et Mado vivent en couple depuis presque une quarantaine d’années. Une longue amitié me lie à Jean-Louis, poète français amoureux de Mazagan, sa ville d’adoption où il a passé presque une vingtaine d’années. Jean-Louis ancien président de l’amicale des anciens de Mazagan est également mon préfacier pour deux livres de la série Les cahiers d’El Jadida. Lui-même a consacré un recueil de poèmes à la cité de sa jeunesse et le titre de cet ouvrage est déjà très significatif « Mazaganelles ». Le Maroc et El Jadida peuplent encore tous les doux rêves de notre poète et de sa compagne Mado.

Jmahrim@yahoo.fr

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