Chronique de Mustapha Jmahri; El Jadida-Sète, un jumelage mi-figue, mi-raisin

J’ai lu sur les réseaux sociaux, comme beaucoup de personnes à El Jadida et ailleurs, que le 30ème anniversaire du jumelage entre El Jadida et la ville de Sète en France a été célébré localement. Puis, j’ai pris connaissance, le 3 mai 2022, sur le site El Jadida Scoop, d’un article d’Abdellah Hanbali intitulé « Jumelage El-Jadida-Sète : le trentenaire se prépare ? Mais quel trentenaire ? Et quel jumelage ? ». Enfin j’ai pu voir sur une page Facebook des photos du vernissage de l’exposition de l’artiste-peintre sétois Alain Delmas suite à sa résidence artistique dans notre ville. Tout cela a été clôturé, dit-on, par une soirée de gala organisée en l’honneur de la délégation sétoise.

Abdellah Hanbali avait raison de se demander quel trentenaire pour ce jumelage longtemps en veilleuse. Car, en principe, un jumelage nécessite un suivi soutenu et des activités appropriées. Ce genre d’activités liées au jumelage intéresse, au même titre que les élus, les potentialités intellectuelles, universitaires, économiques et associatives de la cité. C’est à ce titre que nous devrions être informés sinon associés à certaines manifestations selon l’apport de chacun. Car j’imagine que la ville appartient à tous. Or, personnellement, ni en tant que membre de l’Union des écrivains du Maroc, ni en tant qu’auteur-éditeur de la série éditoriale Les cahiers d’El Jadida, avec une trentaine de titres sur la ville, je n’ai été tenu au courant de cette activité liée au 30ème anniversaire de jumelage.

Je pense qu’à El Jadida, la relation de l’élu avec l’intellectuel ou l’écrivain a été toujours mitigée, et il n’est un secret pour personne que la majorité de nos élus sous-estiment l’importance de la culture. Je peux comprendre qu’on puisse être indifférent à la culture en tant qu’individu, mais peut-on l’être si on représente les habitants d’un quartier ou d’une ville ?

J’aurais souhaité, comme un citoyen de cette cité qui fournit un effort éditorial utile, présenter, devant la délégation sétoise, mon aventure culturelle et intellectuelle bénévole de trente ans puisque démarrée en 1993, mais cela est resté un simple souhait. La série Les cahiers d’El Jadida connue aujourd’hui dans la ville, au Maroc et même dans certaines bibliothèques étrangères, fêtera en 2023 son trentième anniversaire. N’est ce pas là une raison de plus pour présenter cette expérience aux hôtes de notre cité parmi beaucoup d’autres initiatives ?

Mais ce qui m’a paru étrange, c’est que le livre ne fait pas partie de ces échanges avec l’extérieur.  Sinon pourquoi il n’y a pas eu acquisition d’un lot de livres sur El Jadida pour les offrir à nos hôtes. Je ne parle pas de ma série Les cahiers d’El Jadida mais aussi d’autres titres, d’autres auteurs. D’ailleurs, il paraît que même la simple information sur cette littérature locale n’a pas circulé. J’ai posé la question, à ce sujet, à l’un des hôtes après son retour chez lui, il m’a informé que, pendant tout son séjour dans notre ville, il n’a pris connaissance d’aucun ouvrage sur l’histoire de la cité quand bien même il aurait souhaité la connaître.

Alors oubli, indifférence ou autre chose ? La question reste posée, la réponse on la connait !

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One Thought to “Chronique de Mustapha Jmahri; El Jadida-Sète, un jumelage mi-figue, mi-raisin”

  1. Tres bon article sur le jumelage; je suis également natif d’El Jadida et je n’étais au courant de cet événement que par une affiche accrochée devant le siège de la province et aussi par la visite de l’exposition par la classe de mon fils. Un mutisme généralisé sur ce genre d’activité; aucun article de presse, ni pub…Où est donc le comité de jumelage? Où sont passés nos élus? Où est notre municipalité ? Un autre jumelage est toujours « en stand by » depuis plus de 15 ans avec une autre ville française : Vierzon où j’habite. J’éssaye depuis des mois par tous les moyens de faire revivre ce jumelage cassé en partie par nos ex. élus irresponsables et égoïstes puisqu’ils ont envoyé leurs propres enfants (au lieu des enfants du peuple jdidi) en visite dans cette ville aux frais du comité de jumelage français. Dégoûté par ces comportements la municipalité avait décidé de mettre en veilleuse ce jumelage sensé être le lien entre les concitoyens des deux villes mais aussi une vitrine d’échanges culturels, artistiques, sportifs et en matière de politiques publiques (environnement, citoyenneté, tourisme, economie…). A suivre…

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