Baisemain royal : Quel impact sur l’image du Maroc?

Par:roi.

Par: Ismaël H

Il est grand temps de se pencher – c’est le cas de le dire- sur la pratique dégradante du baisemain royal au Maroc. D’aucuns cherchent à l’envelopper de moult arguments pour la rendre acceptable, invoquant l’histoire, les vertus rassembleuses de la Bei’a et autres élucubrations lénifiantes et difficiles à convaincre un gamin de six ans à une époque où tout se sait à l’instant même, jusqu’au désert du Kalahari. La monarchie est certes nécessaire dans un pays comme le Maroc qui a échappé tant bien que mal aux dérapages du Printemps arabe, justement grâce à la popularité ancrée dont jouit cette institution, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a une marge appréciable à la critique. Le baisemain est non seulement dépassé et humiliant, mais il nous ridiculise à la face du monde et fournit des arguments aux adversaires de l’intégrité territoriale du Maroc.

Les lobbyistes marocains aux États-Unis et qui s’activent depuis des années pour promouvoir la thèse de leur pays concernant le dossier du Sahara ont plus d’une fois été confrontés à une fort embarrassante situation où leurs adversaires mettent en avant tous les outils de propagande mis à leur disposition pour dénigrer le Maroc. Et parmi ceux-ci figure sans relâche le baisemain royal qui a effectivement de quoi mettre dans l’embarras ceux qui mettent en avant les acquis du Maroc en matière de pluralisme – sous contrôle royal il est vrai-, de liberté d’expression, de chantiers lancés un peu partout à travers le pays…Reste que certaines pratiques qu’on cherche à faire passer pour des ‘’traditions’’ illustrant le lien entre le Trône et le peuple n’ont plus aucune raison d’exister à une époque où l’image compte davantage que les actes.

Un instrument entre les mains de nos adversaires

Aux États-Unis donc, les adversaires de notre intégrité territoriale projettent en boucle à l’adresse de l’opinion publique américaine et internationale des images de la Bei’a où le gouvernement, les représentants de l’autorité, les élus et même les officiers de la respectée institution militaire embrassent consciencieusement la main du souverain sans que celui-ci ne s’en offusque outre-mesure. De telles images nous font un mal fou et nous laissent à court d’arguments face à nos adversaires. Un peuple qui se prosterne ou plutôt qu’on encourage à se prosterner au nom de la sacralité de l’Institution royale ne peut pas être tout à fait un peuple libre. Nous avons certes dépassé le stade où on mobilisait tout ce qui bouge sur terre pour se prosterner devant le train royal passant à 150 kilomètres par heure, mais il y a encore beaucoup d’efforts à déployer.

Nombreux sont ceux qui trouvent des excuses toutes prêtes à cette pratique sous prétexte que si ça ne tenait qu’au roi, le baisemain appartiendrait au passé. Et que c’est l’entourage du souverain qui veille à ce que les courbettes soient maintenues au nom du caractère sacré de la monarchie. Pas convaincant. Le roi a toute la latitude pour en finir avec une pratique déshonorante et qui remet en question l’image qu’on cherche à donner de l’Ère Nouvelle. En Grande Bretagne aussi, on parle aussi de ‘’sujets’’ au lieu de ‘’citoyens’’, mais dans ce pays, le baisemain y est tout à fait différent et renvoie à une certaine forme de galanterie. En outre, la presse british veille au grain et n’hésite pas à dénoncer tout dérapage ou dépense inconsidérée. C’est là où se situe la différence.

Sous l’Ère Nouvelle, la monarchie est certes devenue plus accessible, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour en finir avec les vestiges d’une époque révolue

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