Assainissement administratif :Des «poches de résistance» subsistent

Par: A zzeddine Hnyen

L’ère nouvelle est à son zénith. Mêmes les plus pessimistes constatent que notre pays progresse – certes à pas lents, mais sûrs – vers une démocratie susceptible de rivaliser avec les Etats précurseurs en la matière, pour l’instauration d’un Etat de droit. De ce fait, de nombreux changements, marqués de l’empreinte des gouvernements de consensus de Maitre Abderrahmane Youssoufi, ont été opérés pour son installation et sa consolidation. Chose qui a instauré chez les populations, éprises de justice et d’égalité, ce sentiment d’assurance et ce grand espoir d’un Maroc nouveau et moderne.
Parallèlement aux réformes apportées pour ancrer cette irréversible orientation royale, l’Etat marocain s’est penché également sur le bon usage des deniers publics et des services administratifs fournis aux citoyennes et aux citoyens. Et il n’est guère étonnant de voir, en ces temps, des élus, de hauts responsables et des fonctionnaires de tout bord traînés devant la justice et condamnés pour leur(s) forfait(s). Cet état n’honore, certes, personne. Mais que d’élus et de fonctionnaires véreux, corrompus et corrupteurs meublent notre environnement ! Leurs divers méfaits et leurs magouilles s’étalent, hélas encore, au grand jour et injectent, malheureusement, une dose de déception dans les esprits des plus optimistes.
Trop de scandales, trop de procès, notre climat social ne s’en trouve qu’altéré. Il semble que rien n’a eu raison de cette vermine, de cette gangrène minant le corps et le champ de nos collectivités locales, de nos chambres professionnelles et de nos administrations. La corruption, les détournements des deniers publics et autres malversations sont toujours d’actualité. Combien d’élus, de responsables et de fonctionnaires sont devenus, du jour au lendemain, à la tête de fortunes colossales en biens et en nature ? Combien d’entre eux, anonymes pas plus tard qu’hier, sont devenus subitement partie intégrante des notables de la   ville et de la province ?

Quels remèdes devrait-on apporter donc, afin d’éradiquer ces «poches de résistance»
envenimant toujours notre atmosphère ?

Si les collectivités locales et les chambres professionnelles sont sous la tutelle de différents ministères, dont principalement celui des Finances et, surtout celui de l’Intérieur, pour son rôle de représentant du gouvernement de S.M le roi et que remplissent les Walis et les gouverneurs des provinces, elles restent sous un contrôle permanent de ces tutelles. Et si on enregistre, par contre, des irrégularités dans la gestion de ces établissements, la première autorité régionale ou provinciale doit être tenue pour la première responsable pour n’avoir pas exercé ce droit que lui confère la législation en vigueur.
Or, il se trouve, par moments, que les walis et les gouverneurs ne peuvent être au four et au moulin vu leurs nombreuses tâches. Néanmoins, leurs auxiliaires en la personne des agents d’autorité et les chefs de divisions sont censés les assister dans leurs missions.
Les agents d’autorité contrôlent la légalité de l’action communale et les chefs de division s’occupent de l’étude de tous les aspects de toute initiative urbanistique, technique, administrative ou autre de ces établissements pour son approbation. Ils sont chargés, ensuite, de suivre cette initiative jusqu’à sa phase finale. Donc, ils assument une grande part dans la fiabilité de cette action. Et si une anomalie est constatée, ils doivent répondre, tout comme le président de la commune, de l’irrespect du cahier des charges. Et si on traîne ce dernier devant la justice, il doit être accompagné de ce responsable de l’Etat pour avoir manqué à son devoir et/ou pour complicité. Pour un meilleur assainissement de notre administration, il paraît évident donc que se contenter uniquement de muter les premiers responsables, en appliquant la rotation de quatre ans, n’a pas été, jusqu’à présent concluant.
L’opération devrait inclure également ces chefs de division dont certains végètent dans leurs postes de «manitous» plus de seize ans ! Car, à notre sens, ils restent les principales causes de ces situations dans lesquelles se débattent nos communes et nos chambres professionnelles. On ne pourrait concevoir cet état source de maux de notre environnement.  Ces «msamer al mayda», comme on se plaît à les appeler, sont capables de tout. Jusqu’à induire en erreur leur patron hiérarchique pour arriver à leurs fins ! Il suffit de diligenter des enquêtes pour s’apercevoir des méfaits qu’ils causent et des richesses dont ils disposent. Le fait d’être intouchables leur procure davantage de puissance et d’autorité. Il est temps que le nouveau ministre de l’Intérieur, dont la probité et l’honnêteté n’ont jamais été mises en doute, se penche, particulièrement sur ce cas constitue la véritable menace à l’instauration d’un Etat de droit tel que le veut notre Roi et les forces vives de la Nation.

 

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