ABDELLAH DIBAJI OU QUAND L’ART S’INVITE AU SALON DU CHEVAL

dibaji

Abdellah Dibaji et Houcine Talllal

Par : Abdellah HANBALI

Manifestation de grande envergure, le Salon du Cheval d’El Jadida enrichit sa tenue en y ajoutant un nouvel arc à cet évènement. Il faut dire qu’en plus de son caractère sportif, il est à la fois un lieu de rencontre culturelle et artistique.

C’est un rendez-vous d’éleveurs de chevaux, de cavaliers, d’artisans ayant trait au cheval, d’opérateurs dans le domaine équestre, mais aussi une occasion de rencontrer des peintres, des photographes et des sculpteurs qui exposent le meilleur de leurs réalisations.

Nous avons noté qu’outre les peintres les plus représentatifs, qui s’investissent dans la thématique du cheval, d’autres artistes ont créé spécialement pour l’occasion des œuvres en rapport avec le sujet.

Neuf éditions passées et un Salon qui compte déjà parmi les plus importantes manifestations du calendrier national.

La preuve de cette estime et de cette notoriété dans le milieu de l’art, en est la présence de pas moins de 5 ateliers : Atelier Danielle Guy, Atelier Nadia Khayali et Samba, Atelier d’estampe Marsam, Atelier Tber-impression et Atelier Nowman Zinbi ; et plus d’une trentaine d’ artistes venus y exposer leurs œuvres, du 11 au 16 octobre, comme : Hassan El Glaoui, M’Hamed Boussaboune, Noureddine Belhaj , Ahmed Balili , Nabil Benyahya, Said Housbane, Noureddine Belhaj,Aimé Kakon, Abdelhamid Kalmoune,Bachir Ben Allal , Meryem Chraibi, Rita Benjelloun , Mustapha rhommani, , Mustapha Meskine, Hassan Boukhari, Khalid Chriki, Abdellah Dibaji, Said Housbane, Mohamed Krich, Abdelkader Laâraj, Mohamed Nabili, Mohamed Quraich, Abdelhalim Raji, Abdellah Sadouk, Brahim Sadouk, Karim Tabit, Khadija  Bouchtia …

Ils ont ajouté au Salon, cette ode tonifiante de bien-être et de rêve enveloppant l’atmosphère de douceur. Le visiteur est comme happé par toute cette beauté, cette diversité des œuvres exposées, offerte aux regards d’un public cosmopolite.

Toiles, photos, sculptures…offraient aux visiteurs toute la panoplie de la Tbourida et du cavalier marocain.

Parmi les artistes-peintres exposants, nous avons choisi de vous parler d’Abdellah Dibaji, né en 1952 à Azemmour, mais vit et travaille à El-Jadida.

Abdellah Dibaji présente en compagnie des Editions Marsam, le porte-folio ‘Mazagan en remontant le temps’ avec un texte de Driss Chraïbi qui célèbre la ville de son enfance et de magnifiques créations de Dibaji, qui sont de somptueuses symphonies de couleurs évoquant la vie locale entre médina et océan, ainsi que le moussem de Moulay Abdellah Amghar, un des premiers à avoir développé autour du ribat de Tit n fitr  les arts équestres traditionnels au Maroc au début du XVIe siècle lors du règne du sultan wattasside Mohamed

Abdellah Dibaji est un artiste qui peint par à-coups, une gestualité qui se déploie sur la toile. Un peu impressionniste, un peu fauviste, il « travaille apparemment sur l’espace vide d’une ville : murs, portes et fenêtres. Derrière cette représentation géométrique et abstraite, le peintre interroge la couleur avec une tonalité ni froide ni chaude, mais mesurée et rythmée. Rythme progressif, avançant par touches émotives presque cachées, mais subtiles. »

Abdellah Dibaji parcourt la ville marocaine en général et celle qui l’a vu grandir en particulier, en prospectant son imaginaire citadin. Il nous en transmet ses rumeurs, ses mouvements, ses lumières, multipliant les plans en autant de séquences spectaculaires. Portes, fenêtres, rues et surtout cette foule humaine omniprésente évoquent ses préoccupations, nous laissant entrevoir l’autre face de la réalité, une réalité que nous occulte le quotidien. Une palette de couleurs fortes et denses, des touches tantôt vives, tantôt adoucies, toujours délicates, soutenues par un graphisme conséquent, font de chaque toile une œuvre forte, dénuée de tout pittoresque.

Un grand bravo donc à ces exposants et un grand merci aux organisateurs, car à travers cette manifestation, non seulement ils enrichissent ce salon, mais surtout contribuent également au développement et à l’épanouissement de l’art, dans le pays en général et dans la capitale des doukkala en particulier.

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