Les ombres de nos rues…


Il fut un temps où nos rues appartenaient aux familles, aux enfants qui jouaient jusqu’à la tombée du jour, aux voisins qui prenaient le temps d’échanger un salut…
Aujourd’hui, certaines d’entre elles semblent parfois livrées à des silhouettes errantes, des desperados sans repères, souvent prisonniers des barbituriques ou d’autres substances qui éteignent toute conscience et libèrent une violence aveugle.
Le drame survenu au douar Laâtamna, dans la commune de Moulay Abdellah, en est une illustration glaçante. Une jeune femme y a été séquestrée contre sa volonté avant d’être libérée grâce à l’intervention rapide et courageuse des éléments de la Gendarmerie Royale de Sidi Bouzid.
Face à un ravisseur devenu incontrôlable, armé d’un couteau et menaçant de faire exploser une bouteille de gaz, les gendarmes ont dû recourir au pistolet à impulsion électrique pour le neutraliser et mettre fin à un cauchemar qui aurait pu virer au drame.
Cet épisode ne doit pas être considéré comme un simple fait divers. Il est le symptôme d’un mal qui ronge silencieusement notre société. Lorsqu’un individu perd tout contrôle sous l’effet de substances destructrices, c’est la sécurité de tous qui vacille.
La banalisation de cette violence serait la pire des résignations. Chaque agression tolérée, chaque intimidation passée sous silence, chaque acte de séquestration ou de barbarie qui ne suscite plus l’indignation collective ouvre un peu plus la porte au chaos.
Nos rues méritent mieux que la peur. Elles méritent de retrouver les éclats de rire des enfants, les promenades sans crainte et cette douceur de vivre qui faisait autrefois leur charme. C’est pourquoi ce type de comportement doit être combattu avec la plus grande fermeté, dans le respect de la loi, afin que la peur ne devienne jamais une habitude et que l’exception ne finisse pas par devenir la règle.
Abdellah Hanbali

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