Mohammed Marouazi est un enseignant marocain qui a consacré près d’un demi-siècle au système éducatif national. Au cours de sa riche carrière, il a successivement occupé les postes d’instituteur, de directeur d’école et d’inspecteur. Vers la fin de son parcours professionnel, il a également exercé en tant que professeur au Centre Pédagogique Régional (CPR) d’El Jadida, transmettant son savoir aux futures générations d’enseignants. Il est malheureusement décédé en octobre 2015.
Quelques mois auparavant, les éditions Edilivre ont publié son ouvrage de référence intitulé : « L’École primaire marocaine : un siècle d’enseignement du français «. Dans l’introduction, l’auteur prend le soin de préciser que son écrit ne prétend pas être une étude académique rigide. Il s’agit plutôt d’un récit d’expériences concret, pensé comme un guide pratique pour les futurs professeurs.
Concernant la période précédant le protectorat, l’auteur décrit un paysage éducatif fragmenté. D’un côté, le système traditionnel reposait sur l’école coranique (le Msid), où les élèves apprenaient exclusivement le Saint Coran par cœur. D’un autre côté, la culture et la langue françaises pénétraient déjà le pays à travers les écoles de l’Alliance israélite universelle axées sur le commerce, ainsi que les premières écoles européennes et franco-arabes destinées aux fils de notables.
Enfin, il aborde la mise en place du système scolaire colonial après la signature du traité de Fès en 1912. Bien que le premier résident général, Louis Hubert Lyautey, ait manifesté une forme de respect pour la civilisation marocaine et ses traditions, l’auteur rappelle que les réformes structurelles imposées par la direction de l’Instruction publique visaient d’abord à former des cadres dociles (interprètes, agents). Selon lui, cette organisation coloniale a finalement instauré une double ségrégation, à la fois ethnique et sociale, au sein de la société marocaine.
Une série d’ouvrages
En plus de ses travaux sur le système éducatif, Mohammed Marouazi a publié une série d’ouvrages culturels et littéraires chez l’éditeur Edilivre, témoignant de son attachement profond au patrimoine marocain. Sa bibliographie comprend d’abord le roman de transmission familiale « Le palmier solitaire » (novembre 2011), illustré par le phare de Sidi Bouafi d’El Jadida, ainsi que le dictionnaire culturel « Le Maroc, ce pays qui fascine, Tome 1 : le dico de Marrakech » (mars 2012). Celui-ci met en lumière la cité ocre sous la silhouette de la Koutoubia. Il a également signé le recueil libre de chroniques de société « Méditations vespérales » (avril 2012), orné de son portrait sur fond de vallée berbère, avant de clore sa trilogie thématique avec « Le Maroc, ce pays qui fascine, Tome 3 : ces joyaux nommés kasbahs » (juin 2013), un cri d’alarme poétique pour préserver les forteresses en pisé du Sud.
Le profil confidentiel de ce professeur discret s’explique naturellement par ses choix éditoriaux : Mohammed Marouazi a publié tardivement, principalement pour transmettre des souvenirs à ses petits-enfants et partager son expertise éducative avec de futurs professeurs. Ses livres ciblent un public très spécifique (enseignants ou passionnés d’histoire locale). Ensuite, tous ses ouvrages ont été publiés par Edilivre, une plateforme qui fonctionne essentiellement sur le principe de l’autoédition et de l’impression à la demande. Ce modèle n’inclut pas de diffusion massive en librairie.
Jmahrim()yahoo.fr
