Sauvez la salle Najib Naâmi à El Jadida

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Par Hassan Ait Hammou
Sociologue

 Première salle de sports couverte en Afrique, la salle Najib Naâmi fut construite sous le Protectorat dans les années 1920. Cette salle, l’un des lieux phares d’El Jadida, est, semble-t-il, aujourd’hui, condamnée à disparaître de la carte pour cause de réaménagement de la zone côtière Nord de la ville.
 La salle des sports Najib Naâmi a vu naître l’un des grands clubs de handball sur le plan national, à savoir le Mazagan Universitaire Club (MUC), rebaptisé en 1961 El Jadida Université Club (EJUC). Créée en 1956 à l’initiative de Jean Vauthier, professeur d’éducation physique au Collège mixte de Mazagan (actuel lycée Ibn Khaldoun), l’équipe était principalement composée d’élèves de l’établissement. Elle connaîtra ses dix glorieuses (1956-1966) sous la houlette de Si Mohamed Bencherki, figure sportive emblématique de la ville. Grâce à cet espace sportif unique en son genre, plusieurs internationaux y ont évolué, tels qu’Ahmed Bouafi, ancien entraîneur de l’équipe de handball du WAC, Bouchaïb Lahlali, ancien gardien de l’équipe du Maroc, ou encore Dehbi Zehar, qui fut sélectionneur national en 1977. La genèse de cette équipe a d'ailleurs été racontée en détail par l’historien Mustapha Jmahri dans son livre « El Jadida, destins croisés 1900-1960 », publié en 2014

La salle Najib Naâmi, qui abritait régulièrement des compétitions sportives nationales et internationales, affichait complet chaque fin de semaine, comme en témoigne M. Hcine, ancien président du MUC. Mais cette salle fut également le berceau d’autres disciplines sportives telles que le judo, le basket-ball, la boxe, l’escrime ou encore le tennis sur bois.
L’évolution du sport à l’âge d’or de la capitale des Doukkala est certes tributaire de ce joyau sportif, mais cela revient aussi à un certain nombre de champions à l’instar du judoka Mohamed Yakoubi, le handballeur Bouafi ou encore l’escrimeur mazaganais Carpozen.
Selon certains écrits ayant circulé, on ne peut aujourd’hui que déplorer le plan du Conseil de la ville, qui viserait à démolir ce patrimoine architectural irremplaçable au nom du réaménagement urbain. Quel qu’en soit le motif, il aurait fallu hésiter et réfléchir à mille reprises avant d’opter pour un choix aussi irréversible que la démolir. D’autres alternatives auraient pourtant été possibles, pour peu que l’on y eût songé. Alors, agissons avant qu’il ne soit trop tard ! A bon entendeur salut . . .
Hassan Ait Hammou

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