Il est des soirs où la littérature reprend ses droits, où les mots cessent d’être de simples signes pour redevenir souffle, questionnement, lumière. Ce vendredi 13 février 2026, l’Institut français d’El Jadida a vibré au rythme de cette exigence rare, à l’occasion de la signature du nouvel ouvrage d’Abdellah Beïda, Sacré Personnage.
Figure majeure du paysage intellectuel marocain, Abdellah Beïda n’est pas seulement un universitaire accompli. Professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat, critique averti, fin analyste du discours et des récits contemporains, il incarne cette génération d’intellectuels pour qui la pensée n’est jamais dissociée de la responsabilité. Chez lui, l’écriture est un acte, presque une éthique.
Dans une salle attentive, composée d’enseignants, d’étudiants-chercheurs et de figures du monde culturel, la parole s’est faite dense, habitée. Sacré Personnage ne se contente pas d’explorer une figure ou un concept : il interroge la condition humaine, fouille les plis de l’identité, ausculte les rapports subtils entre le sujet et le monde. L’ouvrage avance avec la rigueur du chercheur, mais aussi avec la sensibilité du poète. On y retrouve cette écriture à la fois précise et vibrante, où la profondeur philosophique se conjugue à une élégance stylistique maîtrisée.
Le débat qui a suivi la signature a confirmé la place singulière qu’occupe Beïda dans le champ intellectuel marocain. Les échanges, nourris et exigeants, ont porté sur les fondements théoriques de l’œuvre, son contexte d’élaboration et ses enjeux. Mais au-delà de l’analyse, c’est une conviction partagée qui s’est imposée : celle que la littérature, lorsqu’elle est portée par une pensée authentique, demeure un levier essentiel pour comprendre les mutations de notre société.
En offrant Sacré Personnage au public, Abdellah Beïda ne publie pas seulement un livre. Il ouvre un espace de réflexion, tend un miroir critique à son époque et rappelle, avec force et élégance, que la culture demeure l’un des derniers remparts contre l’appauvrissement du sens.
Il faut dire qu’à El Jadida, ce soir-là, la littérature n’était pas un simple événement. Elle était présence… Elle était nécessité.
Abdellah Hanbali
