L’annonce du lancement d’une étude pour la création d’une marina de loisirs au port d’El Jadida suscite, à la fois, espoir et prudence. L’espoir de voir enfin émerger un projet structurant, capable de redonner un souffle touristique et économique à la ville, mais aussi la prudence, dictée par un passé récent jalonné de projets annoncés en grande pompe, précédés d’« études rigoureuses », et qui se sont malheureusement soldés par de cuisants échecs.
Cette fois encore, tous les regards sont tournés vers la qualité et la profondeur de l’étude annoncée. Une étude qui se doit d’être globale, sérieuse et sans complaisance, prenant en compte l’ensemble des paramètres : techniques, économiques, environnementaux, mais aussi sociaux et urbains. Car il ne s’agit pas seulement de bâtir une marina, mais de l’intégrer intelligemment dans l’écosystème du port et dans le tissu de la ville, afin d’éviter un décalage entre l’ambition affichée et la réalité du terrain.
À El Jadida, les exemples de projets avortés ou sous-exploités ne manquent pas. Les marchés et terrains de proximité, présentés à l’époque comme des solutions innovantes et porteuses, ont connu un flop total, laissant derrière eux des espaces désertés et un argent public dont on peine encore à savoir s’il a été dilapidé ou détourné. Des dossiers qui, pour certains, continuent de traîner dans les méandres des enquêtes, sans que la lumière n’ait été totalement faite.
Dès lors, la future marina ne pourra échapper à cette exigence de transparence et de rigueur. Elle ne doit pas devenir un projet de plus, figé sur le papier ou transformé en coquille vide, mais un véritable levier de développement, pensé à long terme et au service de la ville et de ses habitants. À défaut, l’enthousiasme suscité aujourd’hui risquerait de céder la place à une nouvelle désillusion, de celles que la région ne peut plus se permettre.
Abdellah Hanbali
